Atelier 2009/2010 Grenoble
Atelier : Fantasmesoriginaires Grenoble.
2008/2009
Cela fait suite au travail de l’an dernier sur l’identificationprimaire.
Dans un premier temps a eu lieu la poursuitede la lecture du livre de Piera Aulagnier : « La violence del’interprétation ».
Je me limiterai ici à résumer ce que dit cette auteure sur l’activité phantasmatique (avant la parole) de l’infans.
Rappel : le terme d’originaire définit une forme d’activité et unmode de production de représentations pictographiques qui sont seuls présentsen une phase inaugurale de la vie.
Cette activité métabolise tout éprouvé affectif présent dans la psychéen un pictogramme qui est représentation de l’affect et affect de lareprésentation.
L’infans fait l’expérience de ses objets : sein, voix… ; ilen fabrique des représentations et est en attente de la répétition du plaisir.Ce sont les organes des sens qui sont impliqués : il y a investissement del’activité sensorielle et érogénéisation de certaines zones corporelles. Laqualité de l’affect dépend de la qualité de la relation : soit plaisir,soit déplaisir.
Dès ce moment apparaissent ce qui sera appelé plus tard amour ethaine, haine qui se manifeste par une répulsion envers la mère quand l’enfantn’est pas content. Mais également : plaisir d’un désir et haine à avoir àdésirer.
L’activité psychique,écrit P. Aulagnier se développe en 3 temps : temps originaire, celui despictogrammes, puis le temps primaire, celui des phantasmes à partir desquelss’origine la formation du Je, enfin le temps secondaire qui est celui desénoncés et des idées. Dans ces 3 temps se développent respectivement leprocessus originaire (tout existant est engendré par un auto-engendrement), leprocessus primaire (pouvoir du désir) et, le processus secondaire (toutexistant a une cause intelligible dont le savoir introduirait la connaissance).Mais une fois ces instances formées, elles continuent à travaillersimultanément. Le rôle de chacune est de représenter l’objet de façon à cequ’il soit homogène à sa structure.
La représentation phantasmatique du processus primaire : image dechoses et images de mots :
Il y a 3 concepts quel’entrée dans le processus primaire (une fois effectué le processus originaire,qui, rappelons-le, garde son activité, ainsi que les autres processus par lasuite) impose de prendre en compte :
L’image de choses
Le masochisme primaire
L’image de mots qui n’entrera en jeu que dans une seconde phase.
L’entrée dans cette phase primaire est due à l’évidence de l’existenced’un autre corps, d’une autre espèce. Il y a, à la fois, reconnaissance de laséparation et négation de celle-ci : oui, il y a deux espaces, mais ilsrestent cependant soumis au tout-pouvoir d’un seul : le plaisir et ledéplaisir sont l’effet du désir de l’Autre.
Il y a une représentation biunivoque entre les relations hétérogènes dumonde extérieur et les zones érogènes du corps.
Si tout phantasme est la réalisation d’un désir, toutephantasmatisation vise l’obtention d’un plaisir érogène. Ainsi, tout phantasmenous renvoie aux représentations successives que forge le primaire de ce qui peut être cause du plaisir sexuel.
C’est entre ces deux modes d’activité : activité pictographique etactivité phantasmatique que Piera Aulagnier place le noyau de la scèneprimitive ». Car, il y a reconnaissance de la mère comme autonome et untiers qui veut interdire toute fusion. Il n’y a, bien sûr, pas dereprésentation du coït, mais l’idée de quelque chose du corps de l’autre quientre en soi : prendre en soi, rejeter hors de soi. C’est le modèle,s’étayant sur un modèle corporel, que le primaire métabolisera commereprésentation de la relation présenteentre lui et sa mère. Une première perception du fait qu’il existe des affectsextérieurs » et que l’affect du monde n’est pas toujours identique àl’affect du phantasmant.
Le postulat du primaire entraîne alors deux conséquences :
-donner une interprétation scénique d’un monde où tout événement ettout existant trouve leur cause dans l’intention projetée sur le désir del’Autre
-Si le déplaisir éprouvé par l’infansest une conséquence du désir de l’Autre, il lui est possible de le transformeren plaisir en se rendant conforme à ce que l’Autre désire. Ainsi, prendranaissance le masochisme primaire. Ceci peut aller jusqu’à un désird’autoanéantissement, transformation en désir d ‘un déplaisir.
Reconnaître le sein comme objet séparé de soi suppose la reconnaissanced’un « ailleurs du sein», ce qui laisse une place libre pour lareconnaissance d ‘un père.
Piera Aulagnier en déduit la mise en place de l’infrastructure à troiséléments de toute organisation phantasmatique :
Un regard éprouvant du plaisir ou du déplaisir,
Une cause imputée à la relation dans une « mise en scène ».
C’est cette infrastructure qui rendra possible les phénomènes deretournement, de substitution, de changement de but définissant le jeupulsionnel.
C’est dans la première phase de son activité que le primaire met enplace les prototypes du secondaire sans lesquels la psyché ne pourrait pasavoir accès à ce qui deviendra sa troisième représentation de sa relation aumonde. En effet, le processus primaire est confronté à l’œuvre du processussecondaire des autres et à leurs discours. Il subit alors une série demodifications qui donnent forme aux prototypes du secondaire.
Ces prototypes concernent la réalité, le Je, la castration et l’Oedipe.
*Le primaire ne peut renoncer au constat que le désir de l’Autre leconcerne. Cependant, acquérir la certitude de la réalité de l’Autre, c’est à direde la réalité de la différence entre le désir de la mère et celui de l’infansest indispensable pour la psyché qui pourra alors se voir non seulement commeobjet du désir de l’Autre, mais également comme entité désirante.
*Le prototype du Je est représenté par une suite de scénarios danslesquels la psyché met en scène les relations qu’elle expérimente dans sarencontre avec les objets qu’elle investit. C’est par ses relations qu’elle sefigure les situations sources pour elle de plaisir ou de déplaisir. C’est surce modèle que se structurera la problématique œdipienne.
Le pictogramme, nous lerappelons, garde au cours du temps sa mêmeté et sa clôture. Par contre, PieraAulagnier postule que la mémoire primaire s’exerce à minima et est capable,contrairement à l’originaire, de valider les fragments scéniques et lestableaux qui se succèdent sans, cependant, y lire l’histoire de leurtemporalité ou de prévoir, à partir d’elle ce qu’il deviendra dans un tempsfutur.
Le primaire est déjà unemise en place d’une logique du désir qui a affaire à l’activité secondaire dela mère. Les processus de l’activité primaire correspondent à deux sousensembles non homogènes :
-le primaire scénique dont le matériau est représenté par l’image dechoses (quelque chose que l’infans regardeet qui est relié pour lui à quelque chose du corps)
-et celui dans lequel l’image de mots fait son entrée en s’unissant àl’image de choses pour finalement constituer le système de significationsqu’impose le discours.
Une activité phantasmatique qui s’arrêterait à l’image de choses seraitcatastrophique en empêchant toute symbolisation ultérieure.
Ce dernier ensemble possède la qualité du dicible, donc du conscient.Ce sont ces productions qui feront partie du refoulement secondaire. Refoulementsecondaire qui est déjà dans la mère puisque l’infans au cours de son développement a rencontré le secondaire decelle-ci. Si bien qu’on n’analysera pas la psyché sans analyser les portesparoles des représentants, (ce qui a uneimplication clinique à relever).
Comment passe-t-on de l’originaire au primaire ?
Par la perception acoustique, par le plaisir d’ouïr, sans rapport avecaucune signification. Dans l’originaire, écrit Piera Aulagnier, la zoneauditive obéit au même mode de fonctionnement psychique que les autres zonesérogènes. Ainsi, tout bruit fera signe de la présence maternelle et sera àl’origine de plaisir ou de déplaisir. Une absence de voix, le silence pourraêtre l’équivalent d’une parole (sans signification) destructrice et sera intolérable.Une mère dépressive n’apporte pas de vie à son enfant ce qui conduira celui-cià un refus du monde.
Remarque d’un des participants,pédiatre : un enfant dont la mère est mise en réanimation et qui ne lavoit pas pendant trois jours devient moins demandant car ne se trouve plus dansun milieu soutenant.
Remarque d ‘unepsychologue : A plusieurs reprises, Piera Aulagnier utilise l’expression« voix-sein » car elle fait du sein le représentant métonymique de lamère donc de tous les objets dispensateurs de plaisir. Elle. fait remarquerqu’utiliser une telle expression laisse supposer que Piera Aulagnier mettraitune hiérarchie par rapport à l’oralité .
Autre remarque à la suite decelle-ci : le stade oral est le premier stade de l’infans ce qui permetpeut-être de comprendre l’expression de Piera Aulagnier.
C’est
le plaisir d’ouïr qui entraîne un désir d’entendre, lui-même entraînantl’exigence de signification. Mais le plaisir d’ouïr est lié au signe de la voixde l’autre porteuse d’un désir qui lui est propre. Il faut donc qu’il y aitdéjà eu séparation, qu’il y ait un Je en cours d’élaboration. Cette dialectiquequi présuppose la reconnaissance d’un sein comme objet séparé présuppose aussila préséance donnée dans le phantasme à un sens projeté sur le désir del’Autre. Ces différentes mises en scène constitueront ce que Piera Aulagnierdéfinit comme le registre des signifiants primaires. Ceux-ci qui sont donc dessuites phonématiques entendues et ne formant pas encore des phrases connotenttoujours et exclusivement deux seuls signifiés : soit que le percevant estl’objet du désir de l’Autre (dans ses paroles), soit le contraire, l’éprouvé dedéplaisir étant alors le but visé par le désir de l’Autre. La présence de lavoix sera dès ce moment investie ou rejetée en fonction de ce que le primairelui fait dire sur le désir de l’Autre à l’égard du phantasmant. C’est ainsi quepeut également s’instaurer une relation persécutant-persécuteur dans laquellela dialectique déplaisir de l’un et plaisir de l’autre trouve sa formulation laplus pure.
Piera Aulagnier remarque que le propre de la voix est de pouvoir faireirruption quand on éprouve le plaisir de voir, de toucher ou d’avaler ;faire irruption et renforcer ou, à l’inverse,
rendre impossible le plaisir. Ainsi, la voix est le premier objetpartiel pour lequel on peut dire qu’il est attendu non pour le plaisir qu’iloffre à une zone érogène, mais en fonction de son pouvoir sur les plaisirs,pouvoir qui va lui faire prendre une place particulière parmi les objetspartiels.
Le primaire est donc créateur de sens. Mais ce qu’il est important desouligner, c’est la coprésence d’un langage dans lequel sont présentes dessignifications primaires avec les formations psychiques qui en résultent d’oùle phantasme et sa logique (ce sont les signes), et des productions quitiennent compte des significations secondaires (c’est la signification dudiscours).
Dit autrement, du côté de l’émetteur, il y a émission de messagessignificatifs. La réponse aux besoins est transformée en réponse aux sentimentsque la mère éprouve.
Du côté de l’entendant, il y a perception d’éléments sonores que leprocessus primaire métabolise en signes l’informant du désir du« sein » à son égard. Ces signes primaires sont le noyau à partir duquels’élaborera et s’organisera le langage comme système de signification.
Ainsi, Piera Aulagnier qui proposait deux thèses différentes pourl’acquisition du langage, celle de Cassirer : « l’homme rencontre lelangage comme une totalité possédant en elle-même sa propre essence, sespropres relations soustraites à tout arbitraire individuel » et unequelque peu différente : « l’infansrencontre le langage comme une série de fragments sonores attributs d’unsein qu’il dote d’un pouvoir de parole, le premier apport de sens donné à cesfragments étant sous l’égide absolu etarbitraire de l’économique psychique de l’infans ».P Aulagnier admet les deux, mais évoque un écart temporel entre ces deuxmoments. Cet écart coïncide avec le temps nécessaire à la psyché pour passer dela signification primaire à une activité idéique. Ce sera l’œuvre du Je quitient alors compte des significations secondaires et des systèmesinterprétatifs que la psyché organise.
Donc, en conclusion, il est nécessaire, pour que le processus del’activité primaire puisse s’établir, que soit reconnue une différence entredeux espaces et deux désirs : qu’il y ait séparation entre l’espace duphantasmant et son désir et l’espace de la mère qui représente le désir quel’Autre manifeste envers lui.
Les différents stades de séparation sont de reconnaître la différence entre les deux représentants ducouple parental, la différence entre désir et demande, la différence des sexeset enfin, la différence entre signification primaire et significationsecondaire. A chaque étape il y a évolution de la représentation du monde quese fait l’enfant.
La double présence d’une signification secondaire et primaire coexisteà ciel ouvert pendant une phase de la vie infantile ce qui témoigne d’une autredualité : celle du principe de réalité (reconnaissance de ces différences)et du principe de plaisir (non reconnaissance de l’altérité). Leprimaire, même une fois le secondaire advenu, sera toujours l’objet d’unenostalgie d’un temps que l’on pourrait retrouver.
II Puis, nous avons fait unretour sur Freud.
C’est en 1915 dans « Un cas de paranoïa féminine » queFreud introduit le terme de fantasmes originaires, qu’il dénombre au nombre de3 (au moins… dit-il) :
Observation du commerce sexuel des parents
Fantasme de séduction
Fantasme de castration … et d’autres…
Ce texte précède de peu celui de l’ « Analyse d’une névroseinfantile », texte fortement axé sur l’observation de la scène du coït dupetit Sergueï.
Cette observation souligne d’emblée que ce fantasme de scène primitiveest celui qui fédère les autres fantasmes.
L’intérêtde Freud pour la scène primitive est des plus anciens et se voit dans le textesur Katerina (Etude sur l’Hystérie), ainsi que dans les lettres à Fliess en1897. On peut penser qu’alors, dans la réflexion freudienne, le terme de« Urzcene » marque seulement l’intrusion traumatique de la sexualitéadulte dans le psychisme de l’enfant, soit qu’il ait perçu des manifestations–mal comprises- dans les rapportssexuels entre adultes, soit qu’il ait été lui-même victime de séductionsexuelle de la part d’un adulte. Il n’a pas encore pu expliquer, à cetteépoque, que le caractère traumatique de ces
situations est lié à l’excitation et à l’activité pulsionnelle del’enfant.
La deuxième étape préliminaireà la définition des fantasmes originaires est liée à la prise en compte desfantasmes de castration (Voir le « Petit Hans » en 1908 où Freuddégage le complexe de castration). Dans cette étude, les fantasmes relatifs àla scène primitive restent très présents tout comme ils l’ont été dans l’étudedes fantasmes de séduction.
Latroisième étape de la démarche freudienne, relevée par l’auteur, est celle dela fédération des fantasmes originaires. C’est le texte de l’Homme aux Loups qui fait apparaître dans toute leur complexitéles liens dynamiques de ces trois fantasmes-clé.
L’idée de l’originairechez Freud
L’originaire serait un donné premier de toute expérience psychique etse confondrait avec un donné constitutionnel dont les bases seraient d’ordrebiologique. Freud reconnaît ainsi la part des facteurs constitutionnels commeprédisposition à la névrose, voire même au choix de telle ou telle forme denévrose.
Il désigne comme « préhistorique » la période dedéveloppement individuel qui selon lui précède les images verbales. Cette idéeétaye la théorie du traumatisme (« trop jeune pourcomprendre ») : c’est faute d’avoir pu mettre l’événement en mot quel’enfant développera plus tard une névrose.
L’idée des « traces phylogénétiques » impliquant un déjà-làdu fantasme n’apparaît qu’avec la notion de fantasmes originaires (se rapporterà la scène primitive de l’Homme aux loups) :« Ce patrimoine instinctif constituerait le noyau de l’inconscient ».Ceci rejoint la conception d’un inconscient fondé sur un refoulement originaire(Cf. Métapsychologiede 1915).
En 1917 dans la 23ème conférenced’introduction à la psychanalyse, Freud écrit « je crois que cesfantasmes primitifs (qui trouvent leur source dans les pulsions) … sont unepossession phylogénétique. En eux, l’individu atteint, au delà de sonexpérience propre, à l’expérience de la nuit des temps. » Cependant Freudmaintient le rôle de l’expérience car l’enfant « ne peut produire desfantasmes qu’avec du matériel qu’il a puisé à une source ou à une autre».L’enfant aurait une capacité innée à développer ses propres fantasmesoriginaires au contact des événements de son enfance, mais ceci à partir d’unhéritage ancestral d’ordre phylogénétique que Freud rapproche de l’instinct desanimaux. Il insiste dans « Abrégé de psychanalyse » en 1938 sur lefait que les événements des premières années de l’enfant ont « sur touteson existence des retentissements d’une importance primordiale ». Et ilcite à cet effet les séductions perpétrées par les adultes ou des enfants plusâgés.
Actuellement, on insisterait plutôt sur un patrimoine culturel héritédes civilisations et d’une transmission transgénérationnelle par l’inconscientdes parents, l’organisation des fantasmes inconscients des parents venant sanscesse modeler les expériences relationnelles de l’enfant. C’est elle qui peutêtre tenue pour le déjà-là de l’ontogenèse.
Le fantasme de séduction exprime le désir œdipien (avec la modulationinfinie de « qui séduit qui ? »)
Le fantasme de la scène primitive apparaît comme une représentationplus globale et plus articulée d’un scénario œdipien, celui-ci épousant alorsau plus près les spécifications de lafantasmatique sexuelle.
Il permet une représentation des relations sexuelles du couple parentaldans des variantes multiples, et permet d’y inclure les différentes places etpositions possibles du sujet. Il peut être tenu lui-même comme l’organisationdes fantasmes de séduction.
Le fantasme de castration ne prend de valeur organisatrice qu’à être lapièce maîtresse du complexe de castration.
Cependant, ces trois fantasmes sont insuffisants à définir le complexed’Oedipe car il y manque le point essentiel du meurtre du père.
Leur dénominateur commun est leur valeur traumatique, la question dutraumatisme étant un point essentiel dans la démarche freudienne.
* Une étude de« l’Homme aux loups » écrit par Freud en 1914/1915, centrée sur lesfantasmes nous montre« l’emboîtement » des différents fantasmes du patient de Freud, ainsique leur origine traumatique ce qui a été mis en évidence par la cure.
Les fantasmes de l’Homme auxloups se constituent et de fantasmes de séduction et de fantasmes decastration. Quant à la scène primitive, malgré les doutes que Freud formuletout au long du texte, il maintient qu’elle a dû avoir lieu.
Fantasmes d’enfance
. Relatif à la séduction par sasœur
La séduction est une réalité, mais en imagination, il y a inversion. Asavoir que ce n’est pas lui qui aurait été passif, mais c’est lui qui auraitl’agressée sexuellement sa sœur. Ceci parce qu’il aurait aussi été repoussé etpuni layant voulu la voir nue..
. Fantasme où il battait deschevaux
En réalité il torturait des petits animaux
Pour Freud ses aspirations passives sont apparues en même temps que sonactivité sadique,
C’est la première fois que se révèle un développement simultané et demême importance des deux branches de pulsions partielles ce qui se retrouveraconstamment plus tard.
. Fantasme de garçons châtiés +battus sur pénis
Retournement du sadisme en masochisme.
Ambivalence et coexistence des positions libidinales récentes etanciennes que le patient n’abandonne que très rarement et entre lesquelles iloscille en permanence.
Série de fantasmes directementliés à la scène primitive :
.Fantasme lié à la coiffe aveclaquelle il semble être né (fantasme du désir réalisé)
Coiffe - « unvoile qui le cache au monde et lui cache le monde » Sa plainte suivantFreud est un fantasme de désir réalisé. La coiffe le montre rentré dans lecorps maternel, un fantasme de désir de fuir le monde. La plainte peut êtretraduite, selon F, par : « je suis trop malheureux dans ma vie, il me fautrentrer dans le corps maternel. »
.Fantasme de la 2ndnaissance
Le fantasme de la 2ndnaissance est dérivé de la scène primitive et la scène primitive est le refletdu fantasme de la 2nd naissance nous dit F. Il nous explique que le déchirement du voile symbolique aumoment où l’intestin se vide après un lavement correspondrait au voile qui sedéchire à la naissance. Le patient pourrait maintenant voir le monde et naîtrede nouveau. Les matières seraient la forme sous laquelle l’enfant, naîtraà une vie plus heureuse. La conditionpour que cette seconde naissance ait lieu c’est que ce soit un homme qui luidonne le lavement.
Pour F ceci peut n’avoir qu’une seule signification: le patients’était identifié à sa mère et l’homme du fantasme était son père. Ainsi, lelavement renouvelait l’acte de la copulation dont le fruit était l’enfantexcrémentiel qui venait à naître. Le fantasme de la 2nde naissanceétait étroitement lié à la condition dela satisfaction sexuelle par un homme.
C’est le retour de la scène primitive, pendant la nuit du rêve (loups)qui inaugura sa maladie et Freud nous dit que le malade sera guéri qu’à unecondition : qu’il puisse se substituer àla femme, en se mettant à la place desa mère afin de se laisser satisfaire par le père et d’avoir un enfant. Dansle cas de notre patient, le fantasme d’une 2nd naissance étaitétroitement lié au désir homosexuel et le
malade ne faisait que répéter la scène primitive, à laquelle il étaitresté fixé. La déchirure du voile lorsde la seconde naissance serait analogue à l’ouverture des yeux, à celle de lafenêtre (rêve du loup). Le sens sous-jacent suivant Freud est que le patientdésire rentrer dans le corps maternel, non pas simplement pour renaître, maispour y rencontrer le coït du père, obtenir de lui la satisfaction sexuelle etavoir un enfant de lui.
Fantasme d’être né du père seul
Au début il croyait qu’un enfant pouvait naître aussi bien par le pèreque par la mère Il y avait là le terreau au désir d’être satisfait sexuellementpar le père et pouvoir avoir de lui un enfant. Selon F, tous ces souhaitss’expriment dans le langage de l’érotisme anal et ferment le cercle de lafixation au père. Par ces souhaits,l’homosexualité trouve son expression la plus extrême, voir la plus intime.
Fantasme de la 2ndnaissance en tant qu’atténuation du fantasme des rapports incestueux avec lamère - Ces deux fantasmesexprimeraient, suivant le caractère masculin ou féminin de chacun, le désir desrapports sexuels avec le père ou la mère. Et pour Freud, il ne serait pas excluque chez l’Homme aux Loups les deux désirs incestueux soient réunis.
Conclusion de Freud tirée ducas de L’homme aux loups:
‘Les humains disposeraientd’un patrimoine instinctif, un savoir difficile à définir, une sorte depré-science, un savoir instinctif semblable à celui des animaux qui serait lenoyau de l’inconscient, une sorte d’activité mentale plus tard recouverte parla raison. Souvent ce patrimoine instinctif garderait le pouvoir de tirer à luides processus psychiques plus élevés. Le refoulement serait le retour durefoulé à ce stade instinctif, et c’est par la possibilité de la névrose quel’homme témoigne de l’existence des stades antérieurs instinctifs. Le rôleimportant des traumatismes infantiles est de fournir à l’inconscient unmatériel qui le préserverait de l’usure lors de l’évolution subséquente‘.
· L’Homme Moïse et la religion monothéiste
Tout dans ce texte tourneautour du meurtre du père et de sa répétition : le meurtre de Père de la Hordeprimitive, le meurtre de Moïse, l’Egyptien par son peuple, le meurtre duChrist.
Dans ce “roman historique”écrit en 1934/1935 Freud s’attache à démontrer que Moïse l’Egyptien a bienexisté. La transmission du savoir de ce meurtre du père se ferait de façonphylogénétique. Cet héritage archaïque inclurait les différences qu’il y a chezchaque individu et constituerait le facteur constitutionnel spécifique de chacun. “L’héritage archaïquede l’homme n’englobe pas seulement des dispositions mais aussi des contenus,des traces mnésiques relatives au vécu des générations antérieures”. Il y aurait donc unau delà du fantasme.
Il faut noter que ce textea été écrit par Freud à une période de grande souffrance psychique etsomatique. Comment alors ne pas penser àce qu’il dit au sujet du fantasme, à savoir, que quand la réalité devientinsupportable, le recours à l’imaginaire pourrait en quelque sorte combler soninsatisfaction.
On pourrait alors avancerque la transmission du meurtre du Père de la Horde primitive en tant que héritagearchaïque, ait joué pour Freud le rôle d’un objet petit a imaginaire participantde la formule lacanienne du fantasme : $ à a.
III. Les fantasmesfondamentaux chez Lacan
Cette séance de travailn’a pas eu lieu et sera remise à l’année prochaine.
Lacan utilise ce terme de“fantasmes fondamentaux” que très rarement. Par exemple, on le lit dans “ladirection de la cure” et mis en relation avec les objets partiels : “Cesobjets, partiels ou non, mais assurément signifiants, le sein, l’excrément, lephallus, le sujet les gagne ou les perd sans doute, en est détruit ou lespréserve, mais surtout il est ces objets, selon la place où ils fonctionnent dansson fantasme fondamental”. Un autre moment, il parle de “la construction dufantasme fondamental”.
Il n’y a pas d’autreentrée dans le réel pour le sujet que le fantasme écrit Lacan dans Ornicar n°29. Ce fantasme originaire oufondamental est celui qui met en place la névrose infantile et va nouer d’unecertaine façon les 3 ronds lacaniens. Il déterminera la structure et la façondont le sujet se place par rapport au langage. Lacan parle de coordonnées prédéterminés de cet espace fantasmatique etl’écrit $à a.
Nous travailleronsnotamment sur le graphe et sur la dernière leçon du séminaire XIV : “La logiquedu fantasme”.
IV. Autres :
–Lecture du projet PILE deValérie Desjardins in “Développement affectif et intellectuel de l’enfant” sousla direction de Bernard Golse Masson 4ème édition dont voici unrésumé.
Les hypothèses de travail concernent la période se situant avant lelangage verbal c’est à dire avant 9 mois, écrit V. Desjardins.
L’auteur introduit la thèse des perceptions « monodales »et« comodales » :
le TOG, soit Toucher ; Odorat ; Goût qui correspond à lasuccion et au mode proximal et le mode comodal proprement dit AV, soitAudition ; Vision ; soit ce qui émane du visage de la mère.
Ce sont ces « entités » qui feront que l’enfant se trouveraen phase ascendante ou, au contraire, pris dans un enfermement.
L’enfant se trouve, suivant l’auteur dans un monde chaotique avant 3mois, (1ère étape) environnement qui va se modifier, au départ grâceau sein de la mère et la succion (mode monodale). Ceci constitue le premier dessens, le premier éveil là où rien n’est construit, tout est chaotique. Il fautune modalité d ‘Aller/ Retour vers la maman. L’enfant, au début de sa viene voit que des mouvements et il entend (et a entendu). Un enfant qui trèsrapidement se trouverait dans un enfermement serait victime de la qualité devie intra-utérine qu’il a connue, propose l’auteur comme hypothèse.
Dans cette période de « monde chaotique » se met en place desévénements psychiques qui correspondent à « l’apparition/disparition ». Ceci constitue un index d’extériorité qui va de pair avecla succion.
Lelait qui va de la bouche et coule vers l’intérieur du corps marque un vécu decontinuité. L’index d’intériorité est marqué par les battements du cœur et larespiration, ceci constituantune seconde étape.
La troisième étape se met en place quand s’instaure autre chose que leplaisir de la succion et que d’autres échanges avec la mère se constituent.
Les vecteurs les plus importants de la communication et qui organisentla psyché sont ceux de la voix et du visage. Il y a alors mise en place desfonctionnements psychiques.
La quatrième étape est celle de l’apparition du langage vers 9 moisavec une interaction permanente et une évolution exponentielle.
Pour arriver au langage, il faut que soit installé un ensembled’échanges entre les parents et l’enfant par l’intermédiaire de la voix, duregard et des mains.
La source coordinatrice est le verbal du langage des parents avec unsens donné à la parole.
Etape 5 : Mise en place d’une enveloppe de mouvements rythmés.Constamment, il y a passage du monodal intérieur au comodal extérieur. Lespassages rythmés venant de l’extérieur viennent solliciter l’enfant et semettent en place en parallèle avec un gradient de sollicitations perceptives.Si cela ne se produit pas, l’enfant peut aller vers l’enfermement. Cecipermettra l’organisation dans le temps et dans l’espace.
Le parent doit laisser une sorte de distance avec l’enfant afin quel’enfant puisse se retrouver seul et que son altérité soit respectée. Sinon unemise en place des limites ne pourra se faire.
A cette période l’enfant se sent unifié et accède à l’unification.
Puis, il y a émergence de la parole. Le mot est une rencontre carparler, c’est prendre le code de l’autre.
Remarque: Nous n’avons donnéqu’un résumé extrêmement succin du travail de ce projet. En effet ce texte nenous a guère « enthousiasmés ». Des points qui nous apparaissentimportants, sinon essentiels, comme, par exemple, le babillement de l’enfant nesont pas évoqués. Il nous a paru que ces recherches sacrifiaient à une fausse« scientificité » bien qu’apportant cependant des élémentsintéressants.
- Travail sur laprésentation de Cabrejo-Parra sur laformation et l’impact du langage (24/1/2009).
Perspective : Atelier2009/2010
De la voix à la parole. La voix est ce réel du corps que le sujet consent à perdre pourparler. Elle est selon Lacan « cet objet chu de l’organe de laparole ». Nous nous proposons de travailler sur l’appropriation faite parl’enfant de la sonorité qui l’entoure et l’habite, jusqu’au moment où il accèdeà la langue maternelle. Le sujet est alors appelé à devenir, en tant qu’effetde la relation entre signifiants, à partir du lieu de l’Autre. Dans le mêmetemps, il cherche à atteindre l’Autre et à s’en faire entendre.