A.L.E.P.H. Association Lilloise pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire

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Association Lilloise pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire

 
 
 
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Personnes âgées -— Alzheimer, mémoires, destins et histoires

2009-2010


Psychanalyse et personnes âgées


Le discours médical est, de nos jours encore, le principal discours qui se tient sur les vieux et la vieillesse. Entre la science qui, de jour en jour s’attache à faire reculer l’impossible mais échoue pourtant à nous débarrasser de ce réel qui touche tout particulièrement le sujet âgé et la religion qui s’attache à donner du sens à cet échec, la psychanalyse, comme le rappelait Jacques Lacan dans sa Troisième *,a donc encore de l’avenir.


En montrant l’impossibilité de l’écriture d’un rapport entre les sexes, la psychanalyse s’attaque en effet à la  question qui est au cœur de l’avancée en âge et qui est celle des rapports de l’amour avec le semblant**. Cette question de l’amour pourtant si redoutée par les scientifiques est au cœur de l’éthique du soin et des relations familiales qui se trouvent tout particulièrement malmenés par le vieillissement.


Lors de nos ateliers de formation ouvert à tous, nous nous attacherons à montrer comment la psychanalyse permet de reposer la question de la vieillesse autrement qu’en termes d’hygiénisme et de représentations réconfortantes. Ainsi, nous inviterons sur ce thème, au cours de soirées semestrielles, non seulement des médecins gérontologues, mais également des psychanalystes, philosophes et auteurs attachés à ne pas se laisser enfermer dans un discours unique faussement rassurant.


— Alzheimer, mémoires, destins et histoires

3 soirées sont prévues en 2009-2010 à l'Uriopss, 34 rue Patou à Lille ; la participation aux frais est de 8 euros (t.r. 5 euros).

  • La première soirée aura lieu le 1er décembre 2009, à 21h, sur le thème des "mémoires" avec le Dr Florence Lebert, médecin gérontopsychiatre, chercheur spécialiste de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer au CHRU de Lille (service du professeur Florence Pasquier).
  • La deuxième soirée portera sur les "destins" ; elle aura lieu également à l'URIOPSS de 18h à 20h le 15 janvier 2010, avec le Dr Chantal Dalmas, psychiatre à Marseille. Nous y aborderons le thème de la dépression de sujets âgés qui, sous les coups du destin, voient leurs semblants disparaître les uns après les autres.
  • La dernière soirée aura lieu le 5 février 2010, toujours à l'Uriopss, de  21h à 23h.  Nous aborderons la question des "histoires" avec José Polard, psychologue, psychanalyste, organisateur à Paris avec l'Espace Analytique du Cercle de la Psychanalyse du Sujet Âgé et qui publie avec Dominique Platier-Zeitoun, en 2009 chez érès "Vieillir ... Des psychanalystes parlent. Un désir qui dure".

Renseignements






*La troisième J. Lacan, intervention au Congrès de Rome (31.10.1974 / 3.11.74) paru in "Lettres de l'Ecole freudienne", n°16, 1975, pp.177-203.

http://pagesperso-orange.fr/espace.freud/topos/psycha/psysem/troisiem.htm

**Jacques Lacan, Séminaire inédit, Le savoirs du psychanalyste, leçon du 4 mai 1972.





 

   




Samedi 24 janvier 2009

14h30-18h, Esc de Lille, amphi B

Avenue Willy Brandt, 59000, Lille


              Après-midi

« Psychanalyse et personnes âgées»

Organisée par l’Association Lilloise pour L’Étude

de la Psychanalyse et de son Histoire et
le Collège de Psychanalystes-A.l.e.p.h.


                  Alzheimer

    L’inconscient a-t-il un âge ?


Ouvert à tous . Frais : règlement sur place à l’entrée de l’Amphi B. Participation 20  , (réduit 8
pour les étudiant(e)s et demandeurs d’emploi sur présentation d’un justificatif)

Renseignements sur Internet : www.aleph.asso.fr




Poser la question de l’inconscient dans son rapport avec le temps est une autre façon d’aborder le problème de l’altérité que l’on rencontre tout particulièrement lorsqu’on soigne des patients âgés « Alzheimer ». L’habitude et la routine des soins à donner à son « prochain » rencontrent ici des limites qui obligent à repenser l’éthique du soin. Quoi faire pour bien faire ? En renouant la question de l’inconscient avec celle de l’âge et de la démence, on enrichira notablement le questionnement éthique dont les pouvoirs publics mesuraient l’importance dans le rapport Cordier, en 2003[1]. Les auteurs de ce rapport, en posant une responsabilité qui serait en deçà de toute subjectivité, font en effet l’impasse sur l’inconscient dont on sait depuis Freud qu’il entretient des rapport ambigus avec le temps. Cette « forclusion » de l’inconscient dans le rapport Cordier est de nature à laisser le soignant seul, face au réel que l’on touche tout particulièrement dans la maladie d’Alzheimer. Le soignant se trouve confronté à l’injonction éthique du « il faut que » dont il ne pourra se détourner sans avoir à payer le prix fort de la culpabilité. Freud, en introduisant le concept d’inconscient et en faisant de l’éthique la manifestation du refoulement pulsionnel et de l’agressivité face aux exigences de la civilisation, donnait pourtant une clef fort utile pour comprendre ce qui se passe lorsque le mécanisme du refoulement ne permet plus de maintenir un sujet dans les limites confortables du principe de plaisir. Notre après-midi, en réintroduisant l’inconscient dans les lieux où discours et mémoire s’effacent, laissant la place à un hors-sens difficilement inscriptible dans un projet de vie, envisagera à nouveaux frais tout ce qui touche notre rapport avec les personnes âgées démentes et qui concerne en définitive notre rapport avec notre destin.


Avec les interventions de :


Dr Chantal Dalmas, psychiatre (Marseille)

« Entre liberté et dépendance : le défi éthique de la maladie d’Alzheimer »


Dr Claude Tailleur, gériatre (Lille), médecin coordonnateur EHPAD

« Quoi faire pour bien faire  pour la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ? »


Dr Jean-Paul Kornobis, médecin généraliste (Lille).

« Pour bien soigner, faut l’temps»






[1] En 2003, les pouvoirs publics devaient constater que : Les professions de santé sont aujourd'hui confrontées à des questions de plus en plus lourdes soulevées par l'évolution des techniques d'investigation, les thérapeutiques et la confrontation entre les attentes nées du progrès médical et les impératifs d'égal accès aux soins. Conscient de l'insuffisance des lois à traiter de l'éthique et des besoins exprimés par les professionnels, Jean-François Mattei, ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées, confiait, le 26 novembre dernier, à Alain Cordier le soin de mettre en place une commission de réflexion sur l'éthique biomédicale.



 
Dernière modification : 29/01/2010