2009-2010
Psychanalyse et personnes âgées
Le discours médical est, de nos jours encore, le principal discours qui se tient sur les vieux et la vieillesse. Entre la science qui, de jour en jour s’attache à faire reculer l’impossible mais échoue pourtant à nous débarrasser de ce réel qui touche tout particulièrement le sujet âgé et la religion qui s’attache à donner du sens à cet échec, la psychanalyse, comme le rappelait Jacques Lacan dans sa Troisième *,a donc encore de l’avenir.
En montrant l’impossibilité de l’écriture d’un rapport entre les sexes, la psychanalyse s’attaque en effet à la question qui est au cœur de l’avancée en âge et qui est celle des rapports de l’amour avec le semblant**. Cette question de l’amour pourtant si redoutée par les scientifiques est au cœur de l’éthique du soin et des relations familiales qui se trouvent tout particulièrement malmenés par le vieillissement.
Lors de nos ateliers de formation ouvert à tous, nous nous attacherons à montrer comment la psychanalyse permet de reposer la question de la vieillesse autrement qu’en termes d’hygiénisme et de représentations réconfortantes. Ainsi, nous inviterons sur ce thème, au cours de soirées semestrielles, non seulement des médecins gérontologues, mais également des psychanalystes, philosophes et auteurs attachés à ne pas se laisser enfermer dans un discours unique faussement rassurant.
— Alzheimer, mémoires, destins et histoires
3 soirées sont prévues en 2009-2010 à l'Uriopss, 34 rue Patou à Lille ; la participation aux frais est de 8 euros (t.r. 5 euros).
*La troisième J. Lacan, intervention au Congrès de Rome (31.10.1974 / 3.11.74) paru in "Lettres de l'Ecole freudienne", n°16, 1975, pp.177-203.
http://pagesperso-orange.fr/espace.freud/topos/psycha/psysem/troisiem.htm
| Samedi 24 janvier 2009 14h30-18h, Esc de Lille, amphi B Avenue Willy Brandt, 59000, Après-midi « Psychanalyse et personnes âgées» Organisée par l’Association Lilloise pour L’Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et Alzheimer L’inconscient a-t-il un âge ? Ouvert à tous . Frais : règlement sur place à l’entrée de l’Amphi B. Participation 20 €, (réduit 8 Renseignements sur Internet : www.aleph.asso.fr |
Poser la question de l’inconscient dans son rapport avec le temps est une autre façon d’aborder le problème de l’altérité que l’on rencontre tout particulièrement lorsqu’on soigne des patients âgés « Alzheimer ». L’habitude et la routine des soins à donner à son « prochain » rencontrent ici des limites qui obligent à repenser l’éthique du soin. Quoi faire pour bien faire ? En renouant la question de l’inconscient avec celle de l’âge et de la démence, on enrichira notablement le questionnement éthique dont les pouvoirs publics mesuraient l’importance dans le rapport Cordier, en 2003[1]. Les auteurs de ce rapport, en posant une responsabilité qui serait en deçà de toute subjectivité, font en effet l’impasse sur l’inconscient dont on sait depuis Freud qu’il entretient des rapport ambigus avec le temps. Cette « forclusion » de l’inconscient dans le rapport Cordier est de nature à laisser le soignant seul, face au réel que l’on touche tout particulièrement dans la maladie d’Alzheimer. Le soignant se trouve confronté à l’injonction éthique du « il faut que » dont il ne pourra se détourner sans avoir à payer le prix fort de
Avec les interventions de :
Dr Chantal Dalmas, psychiatre (Marseille)
« Entre liberté et dépendance : le défi éthique de la maladie d’Alzheimer »
Dr Claude Tailleur, gériatre (Lille), médecin coordonnateur EHPAD
« Quoi faire pour bien faire pour la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ? »
Dr Jean-Paul Kornobis, médecin généraliste (Lille).
« Pour bien soigner, faut l’temps»
[1] En 2003, les pouvoirs publics devaient constater que : Les professions de santé sont aujourd'hui confrontées à des questions de plus en plus lourdes soulevées par l'évolution des techniques d'investigation, les thérapeutiques et la confrontation entre les attentes nées du progrès médical et les impératifs d'égal accès aux soins. Conscient de l'insuffisance des lois à traiter de l'éthique et des besoins exprimés par les professionnels, Jean-François Mattei, ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées, confiait, le 26 novembre dernier, à Alain Cordier le soin de mettre en place une commission de réflexion sur l'éthique biomédicale.