Présentation de Mélanie
Klein 1882-1960
Pour
préparer ce travail, je me suis appuyée essentiellement sur le livre de Phyllis
Grosskurth1 intitulé « Mélanie Klein son monde et son œuvre », paru aux PUF
(1989) et sur celui d’Hanna Segal « Introduction à l’œuvre de Mélanie
Klein 2 », paru également aux PUF en 2003 pour
la 10eme édition et pour la première édition en 1969.
Le livre de Phyllis Grosskurth est unique car, comme
le soulignait Emmanuel Fleury, le 16 mars dernier, au séminaire de Franz
Kaltenbeck sur le « devenir du psychanalyste », l’auteur a eu
accès à l’autobiographie tardive de
Mélanie Klein, écrite entre 1953 et 1959, un an avant sa mort. Phyllis
Grosskurth a pu également interviewer nombreux de ceux qui ont connus Mélanie
Klein (ses parents, ses collègues, ses analysants). A travers son livre, dont
je ne saurai trop recommander la lecture, on décèle à quel point le parcours
personnel de Mélanie Klein fut la source des avancées de la psychanalyse et combien les idées ne viennent pas seulement
par déduction de concepts abstraits mais peuvent surgir d’une expérience
personnelle élaborée qui inclut les réflexions d’un être sur sa fonction
d’analyste. Dans le cadre de cet atelier sur la clinique psychanalytique de
l’enfant, nous tenterons, cette année, de mettre en évidence cette position de
Mélanie Klein notamment par le biais de ses cures de jeunes enfants.
Quant à Hanna Segal, originaire de Varsovie, émigrée
polonaise, interne en chirurgie, elle commence son analyse avec Mélanie Klein
pendant la période des grandes controverses à
Son enfance : « personnification de ses
théories ultérieures »4
Le père de Mélanie, Moriz Reizes, de nationalité
polonaise, est issu d’un milieu juif
orthodoxe. Il adhère aux thèses du mouvement juif d’émancipation pour
finalement rompre avec la tradition orthodoxe à la fin de ses études de
médecine. Il se marie deux fois selon le rite juif ; à 37 ans il
divorce pour, à 45 ans, le 19 janvier 1875, épouser, en seconde noce, Libussa Deutsch.
Née en 1852, Libussa est vingt quatre ans plus jeune que son mari. Juive elle
aussi, elle est issue d’une famille de rabbins depuis plusieurs générations. Le
jeune couple s’installe à Deutsch-Kreutz, une modeste bourgade hongroise,
située à une centaine de kilomètres de Vienne et à quatre cinq kilomètres de la
frontière austro-hongroise. Moriz Reizes y exerce la médecine générale. Trois
de leurs enfants naissent à peu d’intervalle: Emilie en 1876, Emmanuel en 1877,
Sidonie en 1878. Entre cette naissance et celle de Mélanie, le 30 mars 1882,
quatrième et dernier enfant de la fratrie, la famille déménage à Vienne dans
l’espoir d’améliorer une situation financière difficile. Libussa préfère, pour
sa dernière fille, non désirée, recourir aux services d’une nourrice alors
qu’elle a nourri au sein ses aînés.
Les parents de Mélanie, tous deux très attachés au
peuple juif donnent à leurs enfants une éducation baignée de cérémonial juif et
rites perpétrés. Chaque vendredi, Libussa lit des passages d’un livre de
prières reliés en velours lilas offert par son mari le jour de leur mariage.
Habitant à Vienne, ville catholique, Mélanie, a très jeune conscience
d’appartenir à une marginalité persécutée. Ainsi, dès 8 - 9 ans, elle est
torturée par l’idée qu’un jour elle se convertirait au catholicisme5
Aussi, quand Mélanie découvre plus tard la
psychanalyse, elle y adhère avec l’ardeur d’une convertie à l’Eglise catholique6 .
Elle apprend donc dans son enfance à s’affirmer
envers et contre tout, contre Sidonie, la plus jolie de la famille, contre son
père qui manifeste ostensiblement sa préférence pour sa fille aînée, Emilie,
six ans plus âgée que Mélanie7, enfin
contre Emmanuel, le génie de la famille. Dans son autobiographie Mélanie relate
ce mauvais souvenir de ses 3 ans où, « grimpée sur les genoux de son
père, il la repoussa brutalement 8».
Non seulement sa naissance, du propre aveu de sa mère,9
est une erreur, mais son existence effleure à peine la conscience de son père
alors déjà âgé d’une bonne cinquantaine
d’années. « Je n’ai, raconte
Mélanie, aucun souvenir qu’il n’ai jamais joué avec moi10 ». En revanche, elle cherche sans
cesse l’approbation de cet homme dont elle admire la culture, parlant plusieurs
langues. Puise-t-elle, là, dans « ce désir d’attirer l’attention de son père », l’ambition qui anime toute
sa vie et son œuvre ? 11
C’est indubitablement Emmanuel, qui eût la plus
grande influence sur le développement de Mélanie au cours de son enfance.
« Il fut mon confident, mon ami, mon professeur. 12» « Frère et sœur étaient des âmes
jumelles ; ils partageaient les mêmes types d’humeurs et de réactions.
Emmanuel était son père de remplacement, son ami intime, son amant fantôme13 » Une abondante correspondance
atteste d’un lien profond entre Mélanie, Emmanuel et Libussa mettant en
évidence une rivalité féroce entre la mère et sa fille pour Emmanuel. Libussa,
aime son fils, Mélanie Klein l’aimera de même. Aussi, dans la jalousie et la
rivalité qui prédominent danssa petite enfance, Mélanie trouve semble-t-il,
les sources de ses théories ultérieures. Ceci vaut cette célèbre phrase de
David Smith, analysant de Mélanie Klein : « Freud a rendu le sexe
respectable et Mélanie a rendu l’agressivité respectable14 ».
Par ailleurs, Mélanie est âgée de 4 ans quand l’attention se focalise autour de Sidonie qui, à l’âge de
8 ans, se meurt de tuberculose, maladie à l’époque extrêmement contagieuse. La
terreur de la maladie s’implante ainsi dès la plus tendre enfance de Mélanie.
Mais, en dépit de cette dette contractée envers Sidonie, Mélanie a gardé
« un sentiment de gratitude à l’égard de sa sœur, qui avec une extrême
gentillesse, répond à ses questions pour assouvir « sa soif de
connaissance » : « la petite malade, prenait pitié de sa sœur et
lui enseignait les bases de l’arithmétique et de la lecture15 » La mort de Sidonie inaugure,
pour Mélanie, une longue série de décès : celui de son père, lorsqu’elle a
18 ans, de son frère lorsqu’elle a 20 ans; de sa mère lorsqu’elle a 34
ans. Ces décès, selon Phyllis Grosskurth, réactivent chacun la peur, la douleur
et la confusion du premier deuil, celui de Sidonie, vécu inconsciemment, par
Mélanie Klein, comme des meurtres d’où la culpabilité consciente et la haine
inconsciente. Mélanie trouve là les
prémices de ses orientations théoriques autour de la question du deuil et la
position dépressive du nouveau né quand il découvre son ambivalence, « sa
détresse, son extrême dépendance de sa mère et sa jalousie envers les autres16 ».
Son mariage avec Arthur Klein : une longue
histoire.
A 17 ans Mélanie rencontre son futur mari et renonce
à ses études. Ce dernier impressionne beaucoup Emmanuel, et ceci pèse
lourdement dans le consentement de Mélanie à épouser Arthur, alors qu’elle n’en
n’est pas amoureuse. Mais, tout est orienté par l’action de la mère de Mélanie,
femme monstrueuse qui étouffe ses enfants incapables de lui échapper. Ainsi, le
mariage fut repoussé plusieurs fois notamment pour répondre aux exigences de
Libussa d’octroyer à sa fille une dote
digne du parti qu’elle va épouser. Mélanie finit par se marier le 31 mars 1903,
à l’âge de 21 ans, en plein deuil de son frère décédé un an auparavant. Elle
vit une nuit de noce sous les auspices du dégoût17
et n’aura jamais de goût pour le sexe même aux meilleurs moments de son mariage18 Au retour de voyage de noce, le jeune
couple s’installe à Rosenberg, petite bourgade peuplée de nationalités diverses
où la langue allemande domine. 19
Mélitta naît
le 19 janvier 1904. Mélanie la nourrit au sein pendant sept mois. Mais
dans son autobiographie, elle ne fait aucun commentaire sur cette première
expérience d’allaitement : a-t-elle nourri elle-même ou a-t-elle fait
appel à une nourrice ? Etant donnée la relation qui s’établit ultérieurement
entre la mère et la fille il aurait été intéressant de le savoir.
Le 12 mars 1907, naît Hans après une grossesse marquée par l’aggravation
de la dépression de Mélanie qui conduit Libussa à renforcer son emprise sur
elle. Libussa s’installe à Krappitz, en Haute Silésie, où Arthur a accepté un
poste de directeur d’usine et « prend le commandement de la
maisonnée », encourageant Mélanie à lui laisser les enfants et à passer le
plus de temps possible loin de chez elle, en cure ou en voyage, afin de pouvoir
se reposer20. De plus, elle
entretient avec Mélanie une correspondance épistolière qui exclut Arthur, toute
à son inextinguible besoin de materner (étouffer), « elle ne pouvait
supporter que sa fille jouisse de plaisir dont elle avait été privée21 ». Par ailleurs
« l’image de sa mère, qu’elle martelait dans la tête de Mélitta,
était celle d’une infirme émotionnelle – si malade qu’elle devait déserter sa
fille22 ». L’enfant, troublée, accumule
des ressentiments contre sa mère qui auront des conséquences tragiques sur la
relation entre Mélitta et Mélanie. Cette situation inspirera à Nicolas Wright
la pièce de théâtre intitulée « Un
drame dans la vie de Mélanie Klein 23»
que nous vous proposerons d’étudier cette année.
Quant à Mélanie Klein, les essais littéraires,
auxquels elle s’adonne, servent d’exutoire à ses oscillations entre son désir
ardent d’une vie plus remplie et ses efforts incessants pour affronter la
réalité de son existence. Ses écrits tournent autour d’un thème central, celui
« du nostalgique désir d’une femme, en particulier d’un assouvissement
sexuel et le conflit qu’éveillent ces désirs tabous24 ». Mélanie Klein trouve par
l’écriture une alternative à la réalisation de ses désirs où son désir de mort,
comme délivrance de toutes ses souffrances, est aussi souvent prononcé que la
soif de vie. Ses poèmes laissent supposer une liaison brève, vers 1903, qui la
remplit d’une « indéfinissable tristesse25 »
et l’amènera plus tard à construire le concept de « pulsions réparatrices
développées pour reconstituer les objets aimés internes et externes26 », fondement de la créativité et
de la sublimation. (Le concept d’objet interne fera l’objet du travail de
Jean-Claude Duhamel)
En 1910, avec l’appui de Clara, l’épouse du frère du
mari de Jolan, sœur d’Arthur, Mélanie Klein parvient à revenir occuper une
place dans son foyer malgré les efforts manifestes de Libussa pour l’en
éloigner. Elle réalise que Libussa n’est pas une mère de remplacement idéale
et, qu’en particulier, elle lui cache la souffrance de son fils, Hans.
Le 1er juillet 1914, naît Erich ;
Mélanie prit une nourrice compte tenu de la santé déclinante de Libussa qui
meurt cinq mois plus tard, le 6 novembre. A la mort de sa mère, la peur
infantile d’être abandonnée, renforcée par l’insistance de Libussa à juger sa
fille incapable de vivre sans elle, se
confirme.
Rencontre avec l’analyse : Analyse avec Férenzi
(1914-1919)
En 1914, Mélanie lit La traumdeutung de Freud27
et réalise « immédiatement » que c’est « ce vers quoi »
elle tend28 .Souffrant d’une
dépression aiguë, intensifiée par la mort de sa mère29 », elle entre en contact avec
Férenczi, « le plus éminent analyste Hongrois30 ».
De son côté, Arthur part au front de 1915 à 1916. Il
en revient blessé à la jambe « mais Mélanie Klein ayant goûté à la liberté
un an et demi, il est désormais au dessus de ses forces de maintenir une façade
à sa vie conjugale31 »
et Mélanie klein poursuit son analyse avec Férenczi jusqu’en 1919. Selon Michael Balint32, Férenczi a été « un enfant toute
sa vie…il était accepté comme un égal, en fait, par tous ses enfants, y compris
par ses enfants malheureux qu’étaient ses clients33 ».
« Il traitait ses patients avec tendresse et gentillesse, comme des
enfants privés d’affection et en manque d’attention34 » Une telle attention de
l’analyste ne pouvait que répondre au besoin profond de Mélanie qu’on écoute la
petite fille souffrante nichée au fond d’elle-même. « J’avais, dit-elle,
dans son autobiographie, un très fort transfert positif » dont on ne
devrait pas « en sous estimer
l’effet35 ». Férenczi
« a développé en moi la conviction de l’existence de l’inconscient ».
Il « renforça mon désir de me consacrer à la psychanalyse36 », et en particulier « à
l’analyse des enfants37 »,
l’analyse de ses propres enfants comme cela s’est pratiqué un temps. « Il attira mon attention sur le
don réel que j’avais de comprendre les enfants…Je ne trouvais pas que
l’éducation suffise…J’avais quelque chose sur quoi je n’arrivais pas à avoir
prise38 ». Notons qu’il s’agissait
initialement pour Mélanie Klein d’avoir « prise » sur les enfants…
Sa première analyse décide donc de son orientation
vers la psychanalyse des enfants et l’impact de Férenczi qui, soucieux
d’approfondir le rapport de la libido avec le sens de la réalité, s’éloigne du
déchiffrage symbolique de l’inconscient, au profit des mécanismes imaginaires
d’introjection et de projection qui vont devenir, pour Mélanie Klein, les
pièces maîtresses de l’imaginaire infantile. Il publie en 1913 le cas Arpad,
une phobie d’enfant, intitulé « Le
petit homme-coq ». Mélanie lui emboîte le pas en présentant à
Erich se demande si Dieu existe. Il lui est répondu
que son père y croit mais pas sa mère tandis que la bonne croit que Dieu fait
tomber la pluie. Erich en conclut : « ce que je vois existe vraiment,
donc Dieu n’existe pas car je le vois pas47 ».
Les grands peuvent donc dire des choses fausses puisqu’ils ont des opinions
différentes. Ceci marque le point culminant de son élaboration48. Et Erich « choisit l’incroyance
de sa mère49». Dès lors, la
discussion tourne autour de cette perte de l’autorité parentale et la
découverte des droits de l’enfant. C’est la troisième période de la cure.
Mélanie Klein rend la bonne responsable de la toute puissance de l’enfant50 car elle avait prétendu tout savoir
comme Erich. La bonne est licenciée et Mélanie klein reprend son fils en main.
Mais Erich n’est pas dupe et interroge sa mère : « comment as-tu
appris à être maman ? 51 ».
L’interprétation de Mélanie Klein est œdipienne : Erich a pris la place du
père tout puissant, qui rend la femme, maman, et s’identifie à lui52.
Mélanie cite Férenczi53
pour appuyer l’idée que la religion est l’alliée du refoulement et l’ennemi de
la pensée. Mélanie Klein en tire aussi l’intuition de la forclusion : les
idées refoulées peuvent l’être définitivement54.
L’analyse jointe à l’éducation sexuelle permet de vaincre le refoulement.
La séparation de Férenczi et le passage à
Abraham : début de la première phase d’élaboration de la théorie et de la
technique psychanalytique kleinienne
Après les événements de 1919, « la terreur
blanche » et l’antisémitisme en Hongrie tuent dans l’œuf le mouvement
psychanalytique et il devient impossible d’y travailler. Arthur décide de
partir en Suède et Mélanie de retourner vivre à Rosemberg, en Autriche, chez
ses beaux-parents. Mélanie écrit une lettre à Férenczi le 20 décembre 1920 pour
l’informer de son intention de s’installer ensuite à Berlin, ce qu’elle fait,
en janvier 1921. Mélanie est alors âgée de 38 ans, et aurait eu, à cette
époque, une liaison féminine qu’elle laisse transparaître dans un de ses poèmes
non daté55. En 1923, Arthur rejoint Mélanie. Elle
apprend alors qu’Arthur aurait un « attachement affectif » dont il ne
sait se « dégager56 ».
Mélanie se rend compte rapidement qu’une séparation définitive de son mari
devient indispensable et répond aux perspectives de sa nouvelle carrière de
psychanalyste57.
A cette époque, à Berlin, Hermine von Hellmuth est
la principale référence en psychanalyse
des enfants. Mélanie la rencontre au congrès de
Dès 1922, Mélanie Klein prononce sa deuxième
conférence, intitulée: « Analyse des jeunes enfants », publiée
dans la deuxième partie du chapitre « Développement d’un enfant »,
paru dans les essais de psychanalyse qui
reprend l’observation de Fritz sous un autre angle. Mélanie Klein se dégage
franchement de sa tendance à l’éducation des enfants ce qui modifie sa position
de mère et d’analyste : une partie seulement du refoulement vient de
l’extérieur et on peut alors agir avec des conseils éducatifs, mais une autre
partie, non la moindre, est due à « l’attitude58 » de l’enfant. Ainsi, Erich est un
enfant non désiré. Sa mère est extrêmement déprimée pendant sa grossesse. Sa
grand-mère meurt peu après sa naissance. Petit garçon, il ressent la tension
continuelle entre ses parents. A l’âge de 3 ans, son père part à la guerre
pendant un an. A son retour il lui montre une
affection exagérée et deux ans plus tard son père disparaît à nouveau en
Suède tandis que le reste de la famille déménage à Rosemberg. Sa mère
s’inquiète alors qu’Erich devienne renfermé. L’année suivante, arrivés à Berlin
seul avec sa mère, ils changent de domicile presque tous les ans et les enfants l’insultent dans la rue parce
qu’il est juif… « Il n’est pas surprenant, que l’enfant ait été perturbé mais Mélanie Klein ne prend aucun de
ces facteurs extérieurs en considération et en rédigeant son étude cas, elle
attribue son angoisse au refoulement de
désirs libidinaux59 ». En revanche,
Mélanie Klein cite pour la première fois Abraham, - la séparation de Férenczi
est ainsi consommée - référence dont nous allons voir l’importance majeure.
Mélanie Klein se réfère à l’article d’Abraham « Manifestations du complexe
de castration chez la femme 60 »,
énoncé à
Mélanie Klein explique comment la question de
« à quoi sert le papa » a été « mal reconnue63 » en 1919 par Erich. Plus loin,
elle ajoute : « il est possible qu’une curiosité inconsciente
concernant le rôle du père dans la naissance de l’enfant (curiosité à laquelle
il n’a pas été donnée d’expression jusqu’alors) ait été responsable en partie de cette intensité et de cette profondeur64 »
dans le questionnement d’Erich. Or,
Mélanie Klein remarque qu’après une phase d’active curiosité, Erich retombe
dans l’ennui. Mélanie Klein décide alors de révéler à Erich le rôle du père qu’on lui a « caché »
jusque là65 c’est à dire l’histoire
des graines et de la fécondation par le sperme. Mais, Erich évite d’écouter les
histoires que lui raconte sa mère. Il est distrait et
inattentif ; manifeste une véritable « répugnance66 » contrastant avec le plaisir de
découverte précédent. La cure bascule, quand Mélanie raconte l’histoire de la
femme qui a une saucisse sur le nez « après que son mari lui en exprime le
souhait67 ». Il s’en suit une série de rêves
interprétés par Mélanie Klein sur la base d’une identification de Erich à son
père dans l’acte sexuel. A cet endroit précisément, Mélanie Klein se réfère à
Abraham : la théorie (sexuelle) se forme « dans la répugnance à
assimiler la reconnaissance du rôle du
parent de sexe opposé68 ».
La solution proposée par Mélanie Klein à Erich, aux impasses de la théorie
sexuelle lève le refoulement. Les premières frayeurs d’ Erich apparaissent
alors, signes d’angoisse et des progrès de l’analyse69. Erich abandonne sa phobie des enfants
dans les rues mais avoue avoir peur pour son « viwi 70».
Cet article permet de distinguer
les trois phases suivantes la curiosité sexuelle, la répugnance à
assimiler le rôle du parent du sexe opposé, l’angoisse, signe des progrès de la
cure, il est un véritable renversement du premier : Mélanie Klein
abandonne son projet éducatif initial ; l’analyse est maintenant ce qui
peut limiter « les effets néfastes de l’éducation » et plus seulement
de la religion comme dans le premier article où Mélanie Klein tentait de
reprendre en main son fils. Mais on voit aussi, dans ce second article,
que la séparation de son fils est effective: « il se libéra de sa mère en
passant par le bon chemin : c’est à dire en choisissant un objet
ressemblant à l’imago de la mère 71».
Mélanie Klein, de son côté, renonce à son fils et conclut : « Les
parents voudraient garder l’amour et la confiance de leur enfant…ils sont
obligés de reconnaître qu’ils n’ont jamais possédé ni l’un ni l’autre72 ». Nous voyons, comme le souligne
Emmanuel Fleury, dans son commentaire du cas73,
« se dessiner ce mouvement général
de Mélanie Klien vis-à-vis d’Erich : le « dégoût74 » initial pour la maternité passe
par la « déprise » avec Férenczi en 1922 et « débouche »,
avec Abraham en 1924, sur la « dépossession » de l’enfant.
Analyse avec Abraham (1924 – 1925)
En 1920, Karl Abraham invite Mélanie Klein à
pratiquer à Berlin. Elle sera rapidement autorisée à analyser les enfants de
ses collègues. A partir du texte clé de Freud « Le fort-da 75 » du jeu de l’enfant avec la
bobine, Mélanie Klein découvre comment le jeu de l’enfant peut représenter
symboliquement ses angoisses et ses fantasmes. Etant donné qu’on ne peut pas
demander aux jeunes enfants d’associer librement, Mélanie Klein traite leur jeu
de la même manière que leur expression verbale, c’est à dire comme une
expression symbolique de leurs conflits inconscients. Pour Mélanie Klein,
« non seulement le jeu mais toutes les activités de l’enfant – même celles
qui sont le plus tournées vers la réalité - servent à exprimer, contenir et canaliser
au moyen de la symbolisation les fantasmes inconscients de l’enfant76.»
En 1923, Mélanie Klein devient membre de
Appuyée sur les textes de Freud « la dénégation83 » (1925) : (j’incorpore ceci,
je recrache cela) et « Inhibition, symptôme et angoisse84» (1926), Mélanie Klein forge ses
concepts d’introjection et de projection. Mélanie Klein remarque que
l’angoisse primordiale (en accord avec la dernière théorie de Freud sur
l’angoisse) est d’avantage due au travail de l’agressivité qu’à celui de la
libido. Pour Mélanie Klein, l’angoisse est plus primitive que l’angoisse de
castration ; elle n’est pas la punition d’un surmoi héritier du complexe
d’œdipe mais d’un surmoi archaïque. Avant même que le refoulement ne se
constitue, c’est avant tout contre
l’agressivité et contre l’angoisse que sont dressées les défenses : le
déni, le clivage, la projection, l’introjection. Mélanie Klein découvre ainsi
que les jeunes enfants construisent un monde intérieur complexe où ils tentent
sans cesse, sous la poussée de l’angoisse, « de cliver leurs objets et
leurs sentiments, en même temps qu’ils s’efforcent de conserver leurs bons sentiments
et d’introjecter les bons objets tout en rejetant les mauvais objets et en
projetant les mauvais sentiments85. Avec
le cas Erna, Mélanie Klein s’écarte encore de Freud pour qui la quantité
d’angoisse est la cause déclenchante de
la névrose alors que, pour Mélanie Klein, la cause c’est la haine de l’enfant
témoin précocement de la scène primitive. Ces élaborations n’auraient toutefois
peut être pas eu l’écho qu’on leur connaît si elles n’avaient pas obtenu le
soutien d’Abraham avec qui Mélanie suit une analyse de 1924 à 1925. Aussi, ce fut, note Mélanie Klein dans son
autobiographie, une grande douleur pour elle et une épreuve à traverser
« quand mon analyse avec Abraham se termina brutalement ». Dès lors,
à Berlin, après la mort de Karl Abraham, ses détracteurs se déclarent
ouvertement : on méprise les ascendances polonaises juives de Klein, une
femme, qui plus est n’a pas fait d’études.
L’année probable de son divorce avec Arthur,
Mélanie, à l’âge de 44 ans, sur invitation de Jones, fondateur de
Anna Freud soutient qu’il est risqué d’entreprendre
une analyse des enfants normaux, contre Mélanie pour qui l’analyse doit faire
partie intégrante de l’éducation de tous les enfants. Pour Anna Freud,
« on ne peut atteindre à l’inconscient d’un petit enfant parce que
l’enfant est incapable d’associer librement et que les souvenirs écrans ne
s’élaborent qu’au moment de la période de latence…Le Surmoi de l’enfant
(héritier de l’œdipe, selon les théories freudiennes), ne s’est pas encore
développé et le peu qu’il saurait y
avoir de Moi-idéal se révèle n’être qu’une identification aux parents. Or, l’analyste, dit Anna Freud, doit réussir à se placer en position de
Moi-idéal de l’enfant pour que l’analyse puisse se poursuivre.
L’analyste, en tant que mentor, doit assurer une autorité encore supérieure à celle
des parents.88 » Ceci est aux
antipodes des conceptions kleiniennes qui affirment, qu’au contraire, l’enfant,
par l’angoisse et la dépendance qu’il ressent, est immédiatement dans le
transfert comme l’indique la facilité avec laquelle il se débarrasse sur
l’analyste de figures internes fantasmées des parents, les « fameuses
« imagos ». (Le débat Anna Freud / Mélanie Klein sera développé
par Isabelle Baldet la séance suivante)
En 1930, Mélanie Klein dans son article
« L’importance de la formation du symbole dans le développement du
moi 89» décrit le cas d’un
enfant psychotique, Dick, qui ne parvient pas à investir le monde et à y
trouver intérêt, tant les attaques contre le corps de la mère suscitent de
l’angoisse chez cet enfant. Mélanie Klein est la première à voir que dans le
processus psychotique la nature même de
la formation du symbole est affectée. Le cas servira d’appui à Jacques Lacan,
dans le Séminaire I 90, pour
avancer dans la conceptualisation de l’imaginaire et du symbolique. (Ce cas
sera présenté par Jean-Claude Duhamel).
1932 : Fin de la première phase d’élaboration
de la théorie Kleinienne : mise en évidence de l’œdipe précoce
Les avancées de Mélanie Klein marquent la fin
de la première phase de son œuvre avec la publication de la psychanalyse des enfants,91 en 1932, où elle pose les bases de l’analyse de
l’enfant, jamais en dessous de deux ans et demi, et montre que l’œdipe et le
Surmoi ont leur origine dans le tout premier développement de l’enfant entre 12
et 14 mois92. Résultant de la
frustration du sevrage, l’œdipe précoce, dérive des pulsions cannibales et
sadiques chez l’enfant d’un an. « Le conflit œdipien prend la forme d’une
peur d’être dévoré et détruit93 ».
« En d’autres termes, quand le bébé en est encore au stade oral, il a déjà
formé une imago, un surmoi qui le punit
de la seule manière compréhensible à son expérience prégénitale94 » « Le Surmoi, non seulement
précède l’œdipe mais permet son développement95 ».
Sur ce point et la manière dont elle conçoit la différence psychique entre le
garçon et la fille et le commencement de leurs névroses respectives, Mélanie
Klein diffère radicalement de Freud.96
Sa pratique clinique lui enseigne que le sevrage pousse la fille vers le
père et éveille en elle une certaine hostilité envers la mère.97
En 1933, la guerre auparavant larvée ente Mélanie et
Mélitta est ouverte à l’occasion de la nomination de Mélitta Schmideberg à
A la mort de son frère Hans, en avril 1934, Mélitta parle de suicide et insinue la part
de responsabilité qui revient, chez tout suicidé, aux difficultés avec sa
famille, « aux déceptions éprouvées à l’égard de personnes aimées, ou
l’écroulement d’idéalisations100 »
« La mort de Hans fut, pour Mélanie, le point culminant d’une année de
tristesse marquée par ¾ la perfidie de Mélitta et à
présent la mort de Hans101 ».
Deuxième phase d’élaboration de la théorie
kleinienne : position dépressive durant la seconde moitié de la
première l’année de l’enfant (entre 6 mois et un an) et passage de l’objet
partiel à l’objet total.
La mort de son fils Hans
réveille en Mélanie les douleurs du passé : la préférence de son père pour Emilie, la mort de Sidonie et la
dépression qui suivit, son angoisse et sa culpabilité pour Emmanuel, son
accablement après la mort d’Abraham, enfin le cours pénible de sa liaison brêve
avec Kloetzel, seul homme que Mélanie Klein ait considéré comme l’amour de sa
vie mais qui n’a jamais perçu cette relation que comme une série de coups de
tête sans importance103. Le
décès de Hans marque un tournant dans l’élaboration théorique de Mélanie Klein
avec la publication, en 1935, de son article, « La psychogenèse des états
maniaco-dépressifs. 104» ;
« Exactement comme l’interprétation des rêves de Freud fut le résultat de
sa propre analyse, cet article est une exploration de la psyché kleinienne105 ». Sa nouvelle théorie met en
évidence une modification de grande importance dans le développement du
nourrisson vers quatre ou cinq mois. Ce changement consiste a ne plus être en
relation qu’avec des objets partiels mais à reconnaître un objet total,
« passant du prototype du sein à la mère en tant que personne106 », d’où tout un ensemble de
sentiments ambivalents et d’angoisse : « l’enfant est terrifié à
l’idée de perdre son bon objet (le sein) et en même temps se sent coupable des
sentiments agressifs qui l’ont peut être endommagé et s’efforce de le restaurer
dans son intégrité 107».
« Dans la position dépressive les angoisses surgissent de
l’ambivalence due au mélange du bon et du mauvais que le bébé cherchait
initialement à séparer. Le nourrisson a peur que ses propres pulsions
destructives n’anéantissent l’objet qu’il aime et dont il dépend entièrement108 » Ce complexe ambivalent, Mélanie
Klein l’appelle « position dépressive ». « Au comble de son ambivalence le nourrisson est exposé
au désespoir dépressif .»109 Cette
modification dans la perception de
l’objet s’accompagne d’un changement fondamental dans le moi. De même que la
mère devient un objet total, de même, le moi du nourrisson devient un moi total
de moins en moins clivé et plus stable. « Dans la position dépressive, les
processus d’introjection s’intensifient 110».
A partir de ce temps de l’enseignement de Mélanie
Klein, la position dépressive remplace désormais le complexe d’œdipe que le
sujet aura à dépasser. L’introjection d’une mère protectrice devient « le
noyau d’un Surmoi secourable.111 »
« L’enfant a le désir de réparer les dommages qu’il peut avoir
causés et de restaurer la bonté abîmée.112 »
En août 1939, le décès
d’Arthur suivi, en mai 1940, de celui d’Emilie, conduit à une nouvelle avancée de
la théorie kleinienne dont, une fois encore, nous pouvons relever l’intrication
avec la vie privée de Mélanie klein. L’ambivalence des sentiments de Mélanie
envers son ex-mari et sa sœur aînée lui permettent une meilleure compréhension du deuil, en particulier le « sentiment
de triomphe survenant dans un moment de chagrin qui avait tant surpris Freud
dans « Deuil et Mélancolie »113 et qui représente « une sorte de faille,
de fil brisé dans la théorie de Freud et Abraham. Pour Mélanie, dans son
article « Deuil et ses rapports
avec les états maniaco-dépressifs114» (1940),
ce moment de triomphe « est une phase maniaque temporaire, une expression
de sentiments ambivalents envers le défunt, quand la personne endeuillée sent
qu’elle a triomphé d’un persécuteur en restant elle-même en vie115 » Cette phase intensifie la
souffrance en éveillant de tels sentiments envers le mort.
Pour Mélanie Klien, explique Hanna Segal au chapitre
III de son livre, il existe, dès la naissance, un moi capable d’éprouver de
l’angoisse, d’employer des mécanismes de défenses et d’établir des relations
primitives d’objets dans le fantasme et dans la réalité. Ce point de vue n’est
pas en complet désaccord avec celui de Freud pour qui « la réalisation
hallucinatoire du désir 116 » et
« l’introjection primaire » sont à la base de la vie phantasmatique.
La contribution originale de Mélanie Klein a été « de nous montrer de
manière plus détaillée que n’importe qui d’autre, avec vigueur et une intimité
de compréhension uniques, ce qu’éprouve une personne en relation avec ses
objets intérieurs117 ».
Dès le premier mois de la vie, le moi est
exposé au conflit immédiat entre la
pulsion de vie et la pulsion de mort. Confronté à l’angoisse produite par la
pulsion de mort, le moi la détourne. La déviation de la pulsion de mort,
décrite par Freud dans le Moi et le ça,
consiste, pour Mélanie Klein, en partie en une projection des pulsions
agressives du nouveau né sur sa mère et en partie en la transformation de la
pulsion de mort en agressivité. Dans son intervention, en 1946, à
En 1957, trois ans avant sa mort, dans son livre
« L’envie et la gratitude123 », Mélanie Klein réfère
l’envie à l’instinct de mort et d’agression. Elle décrit l’envie comme un de
ces facteurs qui agissent depuis la naissance et affectent matériellement les
toutes premières expériences du nourrisson. Freud avait surtout accordé une
grande attention à l’envie du pénis chez la femme. Pour Mélanie Klein, l’envie
du pénis remonte toujours à l’envie du sein. Elle distingue avec précision
l’envie de l’avidité et de la jalousie. Nous reviendrons plus en détail sur ces
concepts au cours de l’année.
Conclusion
Nous pouvons aussi souligner la contribution d’avant-garde de Mélanie Klein à l’élaboration de la théorie psychanalytique qui, dès les années 20, repère l’importance des processus de développement liés aux relations d’objets. « On peut la considérer légitimement comme celle qui a inventé la relation d’objet », issue du concept d’objet a, que J. Lacan reprendra, dans le séminaire XI 124.
1 P. Grosskurth, Mélanie Klein, ed PUF, Paris 1999.
2 H. Ségal, Introduction à l’œuvre de Mélanie Klein, ed PUF, Paris 2003 10ème édition.
3 P. Grosskurth, opus cité, p. 471
4 P. Grosskurth, opus cité, p. 88
5 P. Grosskurth, opus cité, p. 28
6 Idem.
7 P. Grosskurth, opus cité, p. 30
8 P. Grosskurth, opus cité, p. 25
9 P. Grosskurth, opus cité, p. 30
10 P. Grosskurth, opus cité, p. 24
11 P. Grosskurth, opus cité, p. 25
12 P. Grosskurth, opus cité, p. 31
13 P. Grosskurth, opus cité, p. 59
14 P. Grosskurth, opus cité, p. 250
15 P. Grosskurth, opus cité, p 30
16 H. Segal, opus cité, p. 83
17 P. Grosskurth, opus cité, p. 61
18 P. Grosskurth, opus cité, p. 77
19 P. Grosskurth, opus cité, p. 61
20 P. Grosskurth, opus cité, p 71
21 P. Grosskurth, opus cité, p. 71
22 P. Grosskurth, opus cité, p 77
23 N. Wright, Mélanie Klein – Un drame dans la vie de Mélanie Klein, Paris Seuil
24 P. Grossskurth, opus cité, p. 93
25 P. Grosskurth, opus cité, p. 94
26 H. Segal, opus cité, p. 90
27 S. Freud La traumdeutung, PUF, 1967
28 P. Grosskurth, opus cité, p. 98
29 P. Grossskurth, opus cité, p. 102
30 P. Grosskurth, opus cité, p. 98
31P. Grosskurth, opus cité, p. 102
32 M. Balint, Nécrologie (1949), 30, p 217
33 P. Grosskurth, opus cité, p. 102
34 Idem.
35 Idem.
36 P. Grosskurth, opus cité, p. 101
37 P. Grosskurth, opus cité, p. 104
38 Idem.
39 M. Klein, Imago (1921), « Le développement d’un enfant », Essais de psychanalyse
40 M. Klein, Essais de psychanalyse, Paris, Science de l’homme, Payot, 1947
41 M. Klein, opus cité, p. 30
42 P. Grosskurth, opus cité ; p. 107
43 M. Klein, ibidem, p. 33
44 P. Grosskurth, opus cité, p. 108
45 M. Klein, opus cité, p. 37
46 Idem p. 39.
47 Idem p. 35.
48 Idem p. 37
49 Idem p. 41.
50 Idem p. 45
51 Idem p. 46
52 Idem p. 46
53 F. Férenczi « Le développement du sens de la réalité et ses stades », paru dans Internationale Zeitschrift für psychoanalyse en 1913, œuvres complètes, tome II, Paris, science de l’homme, 1970, p 51-65
54 M. Klein, idem, p. 50
55 P. Grosskurth, opus cité, p. 118
56 P. Grosskurth, opus cité, p. 149
57 P. Grosskurth, opus cité, p. 151
58 M.Klein, opus cité, p. 59
59 P. Grosskurth, opus cité, p. 134
60 K. Abraham, Œuvres complêtes, tome II, 1915-1925, trad. I. Barande, Paris, Payot sciences de l’homme, 1965.
61 K. Abraham, opus cité, p. 118
62 K. Abraham, opus cité, p. 140
63 M. Klein, Opus cité, note 1, p. 32
64 Ibidem, p. 38
65 Ibidem, p. 63
66 Ibidem, p. 61
67 Ibidem, p. 63
68 Ibidem, p. 68
69 Ibidem p. 73
70 Ibidem, p. 75
71 Ibidem, p.85
72 Ibidem, p. 82
73 E Fleury, 1922 : Mélanie Klein passe de Férenczi à Abraham, Séminaire de Franz Kaltenbeck « Le devenir du psychanalyste », mars 2005, inédit
74 P. Grosskurth, opus cité, p. 61
75 S. Freud « Le moi et le ça » dans Les essais de psychanalyse, Payot, Paris
76 H. Segal, opus cité, p. 15
77 M. Klein, Le rôle de l’école dans le développement libidinal de l’enfant dans les essais de psychanalyse, Opus cité. Chap II
78 M. Klein, Ibidem p. 106
79 M. Klein La technique de l’analyse des jeunes enfants » dans les Essais de psychanalyse, opus cité, chap V et XVIII p. 400 - 424
80 P. Grossskurth, opus cité, p. 157
81 M. Klein, Une névrose obsessionnelle chez une petite fille de 6 ans, La psychanalyse des enfants, Paris, PUF 1959
82 P. Grosskurth, opus cité, p. 224
83 S. Freud, Die Verneinung, Résultats, idées, problèmes, Tome II, PUF, Paris, janvier 1987
84 S. Freud, Inhibition, symptôme et angoisse, PUF, 1997
85 H Segal, opus cité, p 8.
86 P. Grosskurth, opus cité, p 209
87 A. Freud, Le traitement psychanalytique des enfants (1927), Paris, PUF, 1951
88 P. Grossskurth, opus cité, p. 220
89 M. Klein, Essais de psychanalyse, opus cité, chap XI
90 J. Lacan, séminaire I Les écrits techniques de Freud, Paris, Le Seuil, 1975, p. 65, p. 81 – 82 et p. 95 - 103
91 M. Klein, La psychanalyse des enfants, London Hogarth, Press (1932), Paris, PUF (1959)
92 P. Grossskurth, opus cité, p. 281
93 M. Klein « L’amour, la haine et le besoin de réparation » Hogard Press (1937)
94 P. Grosskurth, opus cité, p. 231-232
95 H segal, opus cité, p. 12
96 P. Grosskurth, opus cité, p. 231
97 ibidem, p. 389
98 Ibidem, p. 281
99 P. Grosskurth, opus cité, p
100 Ibidem, p. 283
101 Ibidem, p 284
103 Ibidem , p. 190-199
104
105 P. Grosskurth, opus cité, p. 284
106 Ibidem, p. 285
107 Idem
108 H Segal, opus cité, p. 83-84
109 Idem
110 Idem
111 P. Grosskurth, opus cité, p. 294
112 Idem.
113 S. Freud « Deuil et mélancolie », Métapsychologie, Folie, Gallimard, 1958
114 M. Klein, « Deuil et ses rapports avec les états maniaco-dépressifs » dans Les Essais dz psychanalyse, opus cité, Chap XVII
115 P. Grosskurth, opus cité, p. 330
116 S. Freud, Naissance de la psychanalyse, PUF,1956
117 P. Grosskurth, opus cité, p. 410-411
118 Ibidem, p. 422
119 Idedm
120 Ibidem, p. 415
121 S. Freud Sur la sexualité féminine, (1931), La vie sexuelle, PUF, Paris 1969
122 P. Grosskurth, opus cité, p. 417
123 M. Klein, « Envie, gratitude et autres essais », Paris, Gallimard
124 J. Lacan, séminaire XI Les quatre concepts fondamentaux, Seuil, Paris, 1964