A.L.E.P.H. & CP-ALEPH Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH

A.L.E.P.H. & CP-ALEPH

Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH

 
 
 
 
 
 

Les dernières actualités A.L.E.P.H et CP-ALEPH

Actualites



Un cadavre entre les lignes


Actu-philosophia.com, samedi 19 juin 2010, par Geneviève Morel à propos du livre de Michel Onfray : Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne.

Le nom de Freud, dont l’œuvre est entrée en 2010 dans le domaine public, est plus que jamais sur toutes les lèvres, et nombre d’articles de presse ont été consacrés, en ce début d’année, à de nouvelles traductions en français (trois en six mois rien que pour le Malaise dans la culture). Espérant surfer sur cette vague puissante pour ravir à son profit, grâce aux média télévisuels, l’attention du grand public, Michel Onfray a écrit, d’une seule traite et en fort peu de temps, un ouvrage de 600 pages [1], dont la visée est une sorte de vulgarisation antipsychanalytique. Le crépuscule d’une idole [2] tente en effet de populariser les thèses du récent Livre noir de la psychanalyse, discuté âprement dès sa sortie en 2005 par les psychanalystes, mais passé inaperçu du grand public, et dont peu de philosophes avaient pris la mesure délétère.

=> lire la suite http://actu-philosophia.com/spip.php?article236

Dora au pays des merveilles
Emmanuel Fleury  Psychanalyste, Psychiatre, Membre de l'Aleph

Dans son livre, Onfray reproche à Freud de se livrer à une « invention littéraire » dans ses observations cliniques. Il n'en est rien, l'examen de la cure de Dora montre au contraire que ses rêves organisent une fiction par laquelle la souffrance est prise en compte,  l'interprète et lui permettent de se décider pour la voie à suivre.

[Lire la suite de l'article]


Guy Félix Duportail.  Philosophe, Université de Paris 1- Camera obscura- A propos du livre de M. Onfray

                                    Camera obscura


Michel Onfray dans « Le crépuscule d’une Idole, l’affabulation freudienne », aborde la psychanalyse de la même façon que son Traité d’athéologie a considéré les trois monothéismes, comme autant d’occasions d’hallucinations collectives. Nous sommes donc d’emblée prévenus : en des temps de nihilisme, la psychanalyse est la religion de l’époque d’après les religions. Elle est donc la nouvelle cible de Onfray. La vie d’explorateur de Freud, la scientificité de la psychanalyse, ses guérisons, son rôle émancipatoire de la vie sexuelle, son rôle critique dans la société, tout cela ne relèverait que d’un arrangement frauduleux des faits, d’une réécriture moralisante de l’histoire, bref, d’une affabulation. Pour dissoudre celle-ci, Onfray s’est doté d’un outil. Quel est-il? S’appuyer sur la préface du Gai Savoir de Nietzsche pour en faire un « discours de la méthode ». Comme le miroir inverse la gauche et la droite, ladite méthode apparaît comme une machine à inverser le haut et le bas. Le procédé est simple: toute idée ou doctrine (toujours prétendument haute) exprime en vérité le corps de son auteur. En outre, tout corps se réduit in fine à ses besoins physiologiques ou instincts (toujours bas). La machine à renverser l’idole est alors prête à fonctionner. Toute « carte postale » freudienne (entendons, selon Onfray, tout cliché ou image pieuse, en lesquels consisterait l’affabulation comme totalisation des clichés) aura sa « contre carte postale », c’est-à-dire sa  remise à l’endroit. Soit l’exemple de la carte postale suivante: « le complexe d’Œdipe est universel ». Réduit au corps de son auteur, cela nous donne : «la psychanalyse est une discipline vraie et juste tant qu’elle ne concerne que Freud et personne d’autre ». L’universalité prétendue de l’oedipe deviendrait donc une affabulation d’artiste ou de philosophe rentré, dont la vérité serait singulière. En fait, ce serait Freud et lui seul qui aurait voulu coucher avec sa mère et tuer son père. Le complexe d’oedipe serait donc un tropisme existentiel de la vie du seul Sigmund Freud, un schéma individuel que ce dernier aurait voulu étendre à l’humanité toute entière, à l’instar de saint Paul à la suite de sa vision du Christ. La thèse générale de Michel Onfray repose donc sur une hypothèse simple voire simpliste: « La psychanalyse constitue l’exégèse du corps de Freud – et rien d’autre ». Le diagnostic corrélatif tombe alors comme un couperet: Freud, quand il prétend faire de la science, prend son cas pour une généralité. Autrement dit, il nous berce d’illusions dont il est grand temps de se débarrasser. Car le cas est grave, le sujet d’énonciation de la proposition « le complexe d’oedipe est universel » est un corps freudien agité de passions tristes, très tristes même. Ce corps serait toxique. L’envie, la jalousie, la passion de l’inceste, le désir de tuer, le disputent à l’ambition, à la falsification et au mensonge. Le corps de Freud serait donc une « chambre obscure » (sic), « pleine de rats crevés, de serpents vindicatifs, de vermines affamés… » (sic), dont Nietzsche, notons-le en passant, aurait la « clé ». Contre le récit de la légende dorée, Onfray se propose même d’exhiber des preuves factuelles pour toutes ces passions sombres et ratages divers du « chamane viennois ». Freud aurait ainsi entretenu des relations incestueuses avec ses filles, souhaité la mort de son fils à la guerre, trahi ses amis, commis l’adultère avec sa belle sœur pour laquelle il se serait fait ligaturer les canaux spermatiques en vue de meilleures performances sexuelles, aurait poussé sa fille Anna vers l’homosexualité, se serait compromis avec les fascistes, sans parler de ses échecs thérapeutiques, etc…

Tout cela suscite plusieurs réserves critiques de notre part. Tout d’abord l’accumulation systématique de traits négatifs sur la vie et la pratique de Freud sur près de six cent pages crée un indéniable malaise. Après tout, tout accusé à droit à une défense. Le procès est mené exclusivement à charge. Ce qui est troublant, c’est que le geste de Onfray, dans sa recherche de l’infamie attendue sous l’hagiographie, finit par ressembler à s’y méprendre à ce qu’il reproche à Freud, à savoir la construction d’un fantasme individuel – celui de la chambre obscure de Freud - dans un style anti-philosophique, (au sens du XVIIIè siècle, d’un opposant aux Lumières), volontiers médisant. L’arroseur est aussi bien l’arrosé. Loin d’être une enquête purement factuelle, les traits relevés le sont constamment sur le ton du moraliste. En quoi la prétention à l’universalité et à la science serait-elle répréhensible, si ce n’est pour celui qui en fait a priori une mauvaise valeur? En quoi tâtonner pour mettre au point une technique thérapeutique qui ne soigne pas les maux de l’esprit comme un  médecin guérit des symptômes corporels serait-il un crime, si ce n’est pour celui qui ne voit le corps que comme un soma et jamais comme une chair qui ne s’oppose pas justement à l’esprit? En quoi brouiller la frontière du normal et du pathologique – et mettre fin au mythe nietzschéen de la grande santé des hommes supérieurs - serait-il particulièrement blâmable? Un préjugé axiologique indiscuté parce que présupposé comme indiscutable sous-tend en permanence le propos de la contre-légende, et cela au point qu’un débat contradictoire sur les faits en question et sur les valeurs présupposées est absolument requis pour voir clair dans un livre supposé guérir des hallucinations mais plein de fumées.     

Autre indice du peu de philosophie présente. Onfray ne revient  jamais sur ses propres prémisses. Il est passablement dogmatique. Car, demanderons-nous, si la psychanalyse se réduit à la vie corporelle de Freud, alors faudrait-il encore savoir répondre à des questions simples comme « un corps est-il vraiment réductible à l’instinct? », «qu’est ce que le corps d’un auteur? », « le corps est-il une biographie ? ». Des questions de ce genre ne sont jamais soulevées. Une ou deux citations de Nietzsche font autorité dès le départ et mettent sur orbite une pensée qui tourne en rond pour les besoins d’une condamnation annoncée. En fait, de par son manque de radicalité philosophique, le livre d’Onfray va très probablement produire l’effet inverse à celui escompté et nous ne prenons pas de grands risques à prophétiser qu’il viendra renforcer la religiosité qui règne effectivement dans les milieux analytiques. 
 
Toutefois, au-delà de ce constat d’échec prévisible, nous voudrions insister sur un point qui nous semble important. Avec « Le crépuscule d’une Idole » nous assistons à la dislocation du triangle « Freud-Nietzsche-Marx ». Cette brisure mérite qu’on s’y attarde, car elle indique un changement des temps. Que s’est-il donc passé? La critique nietzschéenne de la métaphysique dans son mot d’ordre de dévoilement de l’infamie du Dasein (l’être-là dans l’homme) est devenue, sous la plume de Onfray, une machine de guerre anti-freudienne. Or, quelle est la raison majeure invoquée?  Freud serait un faussaire qui devrait l’essentiel de sa découverte à Nietzsche et qui de surcroît le dénierait. Freud aurait voulu ainsi supprimer Nietzsche (tuer le vrai père de la psychologie des profondeurs), en  faisant croire qu’il avait crée seul une science nouvelle. Freud aurait effacé du même coup la paternité nietzschéenne du concept d’inconscient. Crime de lèse Kaiser Nietzsche donc. On comprend mieux dès lors, d’un point de vue analytique, le dogmatisme de Michel Onfray. Celui-ci est fondé sur la nomination de Nietzsche comme père du concept d’inconscient. C’est Nietzsche qui, pour lui, a la clé de la chambre de Freud, ne l’oublions pas! Cette querelle quant à la paternité d’un concept pourrait sembler bien trop passionnelle pour être prise au sérieux. En fait, comme toute question concernant la paternité, elle est cruciale, car, à travers elle, se joue une question destinale pour le rapport entre philosophie et psychanalyse. 

La revendication passionnée d’un droit à la paternité d’un concept, plutôt que de discuter du contenu et de la validité du concept lui-même, est en effet le symptôme non seulement de l’abaissement inquiétant du niveau du débat public en France, mais aussi de l’effondrement de ce qui tenait lieu de « symbolique » pour la philosophie néo-structuraliste à la fin du siècle dernier. Au vu de l’ampleur du ressentiment, on voit que les dégâts, en termes d’éthique de la discussion, sont considérables. En ce sens, le retour « sauvage » de la philosophie dans le champ de la psychanalyse sous la forme d’un Nietzschéisme agressif et exterminateur est l’indice d’une situation de crise intellectuelle à laquelle psychanalystes et philosophes feraient bien de prêter attention, car ils en sont pleinement co-responsables. 

A l’horizon, il s’agit en effet de créer une alternative moins barbare et conceptuellement plus féconde. Pour paraphraser Schopenhauer, nous dirons, pour terminer, que (im)moraliser sur Freud est facile, mais que fonder philosophiquement la psychanalyse est difficile. Dans les deux cas, Michel Onfray en aura produit la parfaite démonstration.   

                      Guy Félix Duportail.  Philosophe, Université de Paris 1.



 
 

Spider, clone de la mère ? par Geneviève Morel, psychanalyste Actualités

Cent vidéos "Ne veux-tu pas voir ?" par Geneviève Morel
 

Du 24/03 au 17/06 : L’œil écran ou la nouvelle image. Cent vidéos pour repenser le monde. Exposition au Casino Luxembourg. Forum d’art contemporain  Commissaire Régis Michel.


Cent vidéos : « Ne veux-tu pas voir[1]? »

par Geneviève Morel


            L’exposition « L’œil écran ou la nouvelle image » se présente comme un parcours a priori fait pour vous désorienter : vingt-cinq salles où l’on joue en boucle plusieurs heures de vidéos. Mais lorsque vous y entrez, vous ne savez pas encore qu’il vous sera difficile d’en sortir, comme si un éternel retour avait été programmé pour vous enchanter à votre insu.

Certaines salles sont consacrées à un(e) seul(e) artiste dont on présente plusieurs œuvres à la suite, d’autres à une seule œuvre, d’autres encore les regroupent par affinité thématique. Plus de quarante artistes du monde entier y présentent leurs vidéos des dix dernières années (on trouve, par exception quelques œuvres de la fin des années 80). Le choix du commissaire s’est porté sur des vidéos narratives dont les thèmes sont politiques, sociaux ou sexuels, termes à entendre en un sens large.

Mon impression d’ensemble, après quelques heures plongée dans le noir face aux images, était d’une sorte d’enchantement visuel, tant la qualité et la beauté des œuvres choisies était rehaussée par leur juxtaposition et la circulation calculée entre les salles. Lorsqu’il s’agit d’une exposition de tableaux, on juge la qualité de l’accrochage, ici l’exposition apparaît plutôt comme une véritable mise en scène, un opéra d’un nouveau genre où les œuvres se répondraient comme des voix puissantes en un dialogue qui vous transporte et vous déplace sans cesse ailleurs. Ce pari, pourtant difficile compte tenu de l’abondance des œuvres et du nombre des artistes, a été tenu grâce à Enrico Lunghi, le directeur du Casino Luxembourg qui a co-organisé l’exposition avec Régis Michel. Comme le disait David Lynch à ceux qui s’inquiétaient de ne rien comprendre à son dernier film : y aller est avant tout une expérience.

Sauf qu’ici, il n’y a aucune raison de ne rien y comprendre. Même si nombre de vidéos (mais pas toutes) présentent un caractère énigmatique, cultivant l’énigme joycienne ou le trait d’esprit. Ainsi, Uomoduomo (2000), d’Anri Sala nous montre pendant une minute de silence (sic) un vieil homme immobile, recroquevillé dans le Duomo de Milan, au milieu de passants indifférents. Endormi ou pire ? Homme d’église ? « Homme de pierre », conclut Régis Michel. On appréciera.

Souvent courtes, les vidéos sont condensées, sans explicitations superflues, et usent de la citation à des œuvres d’art ou à des films qu’elles déconstruisent ainsi. Leur style allusif oblige donc le visiteur à une activité continue d’interprétation et parfois de remémoration qui se poursuit après l’exposition. Il en résulte une impression d’inquiétante étrangeté que renforce le choix des thèmes, fortement en prise sur l’inconscient du spectateur d’aujourd’hui. N’en citons pour exemple que Zoo (2005) de la finlandaise Salla Tikkä, vidéo d’une dizaine de minutes qui nous montre le suicide d’une blonde hitchcockienne, seule dans un zoo déserté de tous humains où elle photographie de rares animaux. Or son appareil photo enregistre bien autre chose : d’étranges images sous-marines où une plongeuse en bleu lutte pour reprendre son souffle contre des joueurs d’un « water rugby » d’une rare violence. Angoissée, la promeneuse sent le danger dans le regard des animaux immobiles qui la fixent silencieusement, fussent-ils séparés d’elle par des grillages omniprésents. On pense au cauchemar répétitif dont se réveille en hurlant « l’homme aux loups » de Freud où les loups immobiles sur l’arbre de Noël le regardent fixement. Mais ici, le réveil c’est la mort. Le mauvais rêve ou plutôt l’image fatale qui hante la jeune femme va l’envahir et l’aspirer au point qu’elle entre dans un étang pour finir comme
la nageuse noyée de sa vision primordiale. Seule l’image fatale lui survit, à jamais fixée dans l’appareil immortel.

Quoi de plus « extime », pour reprendre un néologisme de Lacan[2], que de retrouver au dehors, fixé dans l’objectif de son appareil reflex, l’image intérieure encore floue que l’on s’efforce de fuir, mais en vain ? Et finalement, ne faudrait-il pas déduire de cette œuvre emblématique qu’une part des artistes contemporains, comme le métaphorise si bien le Canon de la promeneuse en noir de Tikkä, cherche à matérialiser cette extimité de l’inconscient dans ce medium très particulier qu’est la vidéo? C’est au dehors que nous rencontrons cette « extériorité intime » de notre jouissance, la Chose, dans l’objet d’art qui la sublime. D’où le trouble engendré par les vidéos d’Athila, Wearing, TaylorWood, Blocher, Zmijewski et bien d’autres, qui, chacune à sa façon, nous montre ironiquement une vision de la famille, de la sexualité, de l’infirmité ou de la fragilité de l’identité sous des jours que l’on préfère en général occulter.

Une vidéo du Taïwanais Chen Chieh-jen (2002), dont toute l’œuvre filmée est exposée au Casino pour la première fois, interroge la photo du Lingchi, le supplice chinois, qu’Adrien Borel donna à Bataille lors de ses séances d’analyse et qui devait jouer un rôle important pour son écriture ultérieure. Sa déconstruction passe par sa reproduction live sous forme d’« archive-fiction », selon le mot de Régis Michel qui lui consacre un riche commentaire. L’impact est vérifié par les réactions de spectateurs qui se demandent avec effroi si « c’est vrai ». Oui, ça l’a été, et maintenant c’est là pour toujours. L’effet Unheimlich vient de la lenteur du supplice dont on ne voit presque rien, mais qui est reflété dans l’œil d’une caméra occidentale qui filme la scène au début du XXème
siècle pour la diffuser en occident où elle aura le destin que l’on connaît (Freud, Bataille, Malraux, Foucault), nous incitant à nous placer d’un côté ou de l’autre de cette caméra. La neutralité est impossible. Dans d’autres œuvres, l’artiste revient sur des luttes sociales (fermeture d’usines, grève des dockers), en filmant, dans le cas de Factory (2003), les ouvrières d’une usine en ruine qui reviennent coudre et refaire les mêmes gestes d’avant dans un atelier quasi-détruit. La fiction se mêle à l’archive dans une lenteur muette et fascinante qui est celle du passé à jamais perdu ou du rêve lorsque, envoûtés, on n’arrive pas à s’y déplacer, monde enfoui où seuls des fantômes encore vivants répètent, pour l’éternité, le même geste de travail à la chaîne.

Dans Night cries. A rural Tragedy (1989), Tracey Moffatt, une artiste australienne, montre une femme aborigène qui accompagne une très vieille dame blanche jusqu’à la mort. Visiblement, c’est sa mère adoptive, comme le montre un flash back où la mère jeune et belle fait face à une mer menaçante avec ses trois petits enfants de couleur qu’elle surveille fort mal. La femme se souvient de sa terreur de petite fille lorsque ses frères l’étranglaient à moitié avec des algues tandis que la mère insouciante leur tournait le dos. Ces mauvais souvenirs la hantent tandis qu’elle prodigue à sa mère des soins corporels difficiles à supporter, non sans une grande ambivalence : l’amour se mêle à la haine dans le désespoir d’un deuil prochain, qui sera peut-être, pour cela, mélancolique. Les images sont à la fois superbes et poignantes, lorsque la fille se couche en sanglotant aux côtés de la morte. L’intention critique est manifeste : des chants noirs sirupeux et une mise en scène un peu kitsch nous indiquent que l’auteur n’approuve pas la politique australienne d’intégration des aborigènes.

On pourrait parler de chacune de ces œuvres (il y en a presque cent !) et, d’ailleurs, Régis Michel les commente une à une, minutieusement et avec brio, dans un catalogue[3] dûment référencé et richement illustré.


Geneviève Morel, psychanalyste

 -------------------------------------------------------


[1] Citation d’Inland Empire de David Lynch (2006).


[2] Lacan J., L’éthique, séminaire livre VII(1959-1960), Paris, Seuil, p. 167.


[3] Michel R., L’œil-écran ou la nouvelle image. 100 vidéos pour repenser le monde, Casino Luxembourg, forum d’art contemporain, 428 pages illustrées. Version anglaise prévue en octobre 2007 à propos du voyage de l’exposition à Bucarest.




L'OEIL-ÉCRAN OU LA NOUVELLE IMAGE
100 vidéos pour repenser le monde


 

Exposition au Casino Luxembourg. Forum d’art contemporain du 24/03 au 17/04

Commissaire Régis Michel


Ancien casino transformé en forum d'art contemporain : historique, calendrier et présentation des expositions, références des publications.
www.casino-luxembourg.lu



Eija-Liisa Ahtila, Jananne Al-Ani, The Atlas Group / Walid Raad, Iván Ávila Dueñas, Vanessa Beecroft, Berry Bickle, Johanna Billing, Sylvie Blocher, Elina Brotherus, Cabello / Carceller, Romeo Castellucci, Chen Chieh-jen, Cui Xiuwen, Johanna Domke, Juan Manuel Echavarría, Harun Farocki, Julieta Hanono, Gary Hill, Teresa Hubbard / Alexander Birchler, Christian Jankowski, Hernán Khourian, Annika Laarsson, Guy Maddin, Tracey Moffatt, Priscilla Monge, Matthias Müller / Christoph Girrdet, Adrian Paci, Mabel Palacín, Anri Sala, Berni Searle, Alexander Sokurov, Fiona Tan, Sam Taylor-Wood, Salla Tykkä, Julia Ventura, Gillian Wearing, Ingrid Wildi, Yang Fudong, Artur Zmijewski
 


L’œil-écran ou la nouvelle image propose aux visiteurs un parcours visuel d’une grande intensité, qui comporte une centaine de vidéos, dans le sens le plus large du terme, dont des films rares qui relèvent du cinéma, de la performance et du théâtre : les espaces du Casino, spécialement aménagés pour l’occasion, permettent au spectateur de s’immerger dans un univers sensoriel où l’image prime. Il s’agit de renouveler l’expérience d’un médium aujourd’hui central dans l’art contemporain. Cette exposition, dont le commissaire est Régis Michel, est initiée par le Casino Luxembourg et réalisée en collaboration avec le Musée national d’art contemporain de Bucarest, où elle sera présentée en automne 2007.


suite...


--------------------------------------------------------------------------------
 

Adresse :
Casino Luxembourg - Forum d'art contemporain
41, rue Notre-Dame - B.P. 345 - L-2013 Luxembourg
Tél. (+352) 22 50 45 - Fax (+352) 22 95 95
e-mail : info@casino-luxembourg.lu


Heures d'ouverture :
Lundi, mercredi, vendredi : 11h00 - 19h00
Jeudi : 11h00 - 20h00
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h00 - 18h00
Fermé le mardi


Prix d'entrée :
Adultes : 4 €
Jeunes < 26 ans, étudiants, seniors, groupes (20 pers.) : 3 €
Gratuit pour les moins de 18 ans
Visite guidée pour groupes : 65 € / guide (max. 20 pers.)


Entrée gratuite tous les jeudis soirs à partir de 18h00


Le Casino Luxembourg - Forum d'art contemporain est subventionné par le
Ministère de la Culture, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Luxembourg.



 

Retour

Savoirs et Clinique

Chargement : 79 ms

 
 
Revue de psychanalyse Savoirs et clinique
 
Brochure 2010-2011