A.L.E.P.H. & CP-ALEPH Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH

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Les dernières actualités A.L.E.P.H et CP-ALEPH

Actualites


Jacques Lacan matérialiste

Toulouse 2012

Bollack

Auteur(s) : COLLOQUE DE CERISY
Né en 1923, Jean Bollack est un des plus grands philologues de notre époque, également très connu pour ses travaux sur le théâtre, la psychanalyse et la philosophie grecque. Les textes rassemblés dans ce volume témoignent d’une rencontre entre des chercheurs d’horizons et de disciplines diverses. La raison de cette rencontre est d’abord celle d’une convergence de méthode : l’herméneutique critique (les œuvres sont à la fois sources de sens et parties prenantes de l’histoire intellectuelle qui les a produites) dont Jean Bollack et Heinz Wismann ont été les premiers à révéler la fécondité dans le domaine de la philosophie antique – présocratique, notamment. Si J. Bollack a pu tester cette méthode dans un domaine relativement circonscrit –Hésiode, Héraclite, Empédocle, les tragiques grecs, Épicure–, il importait d’étendre le champ de son application à des œuvres d’époques et de genres différents : littérature, poésie, textes sacrés, peinture, et d’asseoir sa validité dans une perspective plus théorique en la justifiant du point de vue des théories du langage, de l’interprétation et de la critique esthétique. Cet ouvrage offre aux lecteurs la possibilité de revisiter des textes souvent très connus (Genèse, Homère, Œdipe roi, Molière, Madame Bovary, Rimbaud, etc.) sous un angle qui en rénove la réception.

http://www.albin-michel.fr/La-Lecture-insistante-EAN=9782226208910


sexual ambiguity

Autour de Slavoj Zizek
Autour de Slavoj Zizek
Psychanalyse, Marxisme, Idéalisme allemand

Sous la direction de Raoul Moati
Collection Actuel Marx Confrontation
septembre 2010





Table des matières
Raoul Moati (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - Liminaire
Slavoj Žižek (Université de Ljubljana, Birkbeck College, University of London) - De Hegel à Marx et retour
Lorenzo Chiesa (University of Kent) - Christianisme ou communisme ? L’hégélianisme marxien et le marxisme hégélien de Žižek
Franck Fischbach (Université de Nice Sophia-Antipolis) – Substance et sujet
Jean-Michel Rabaté (University of Pennsylvania)- Parallaxe "Marx": du marxisme de Lacan au marxisme de Žižek
Slavoj Žižek (Université de Ljubljana, Birkbeck College, University of London) – Peut-on encore être hégélien aujourd’hui ?
Raoul Moati ( Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - « Appréhender et exprimer le Vrai, non comme substance, mais précisément aussi comme sujet », L’hégélianisme lacanien de S. Žižek
Geneviève Morel (Psychanalyste, Paris) – L’écran noir, Slavoj Žižek, le cinéma et l’idéologie
Franz Kaltenbeck (Psychanalyste, Paris) – La liberté de Žižek
Ronan de Calan (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)- Une défense de l’universalisme abstrait, Žižek, les révolutionnaires et la morale kantienne

AUTEURS 

Ronan de Calan  est maître de conférences à l'université Paris I et membre de l'IHPST (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques). Dernière parution: "Des empiriques aux empirismes. Expérience et méthode à l’âge classique". In : L. Perreau, L'expérience, Paris, Vrin, 2010, p. 11-39. À paraître: Généalogie de la sensation. Physique, physiologie et psychologie en Europe, de Fernel à Locke (1550-1670), Paris, Champion, 2010, 600 p.

Lorenzo Chiesa  est « Senior Lecturer in Critical Theory à l’University of Kent » à Canterbury, et «Visiting Research Fellow à l’Institute of Philosophy SRC SASA » à Ljubljana. Il est l’auteur de Subjectivity and Otherness: A Philosophical Reading of Lacan (MIT Press, 2007), Antonin Artaud. Verso un corpo senza organi (ombre corte, 2001), et l’éditeur (avec Alberto Toscano) de The Italian Difference: Between Biopolitics and NihilismThe Ticklish Subject (Le Sujet qui fâche). Il termine en ce moment la traduction en anglais du livre de Giorgio Agamben Il Regno e La Gloria: Homo Sacer, II, 2 (Stanford University Press, 2010), ainsi que la rédaction de deux projets de livres : For Lacan: Science, Logic, Politics (MIT Press, 2011); The Virtual Point of Freedom: Essays on Politics, Aesthetics, and Religion (Merve Verlag Berlin, 2011).
(re.press, 2009). Chiesa a édité et traduit en italien de nombreux textes de Slavoj Žižek, notamment 
Franck Fischbach, né en 1967, ancien élève de l’E.N.S. (Fontenay), est professeur de philosophie à l’université de Nice Sophia-Antipolis. Ses travaux portent sur l’idéalisme allemand, Marx et la tradition de la philosophie sociale. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’être et l’acte (Vrin, 2002), La production des hommes. Marx avec Spinoza (P.U.F., 2005), Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation (Vrin, 2009) et Manifeste pour une philosophie sociale (La Découverte, 2009).

Franz Kaltenbeck  , Psychanalyste à Paris et à Lille. Travaille aussi au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille, SMPR de la Maison d’arrêt de Lille, Service du Professeur Pierre Thomas. Il enseigne la théorie et la clinique de la psychanalyse à “Savoirs et clinique”, Paris et Lille. Rédacteur en chef de Savoirs et clinique. Revue de Psychanalyse. Publications récentes: Reinhard Priessnitz. Der stille Rebell. (Literaturverlag Droschl, 2006). Sigmund Freud. Immer noch Unbehagen in der Kultur?( Diaphanes, 2009). “Traits de Paul Celan dans Poésie contre Poésie de Jean Bollack” in La philologie au présent (Presses Universitaires du Septentrion, 2010).
Raoul Moati est agrégé de philosophie, ATER à l’Université de Paris I et membre de « Philosophies contemporaines ». Il est l’auteur de Derrida/Searle, Déconstruction et langage ordinaire (Paris, PUF, « Philosophies », 2009). Ses travaux se situent au croisement de la déconstruction (Derrida, Paul de Man), de la philosophie du langage ordinaire (Austin, Searle, Cavell) et de la psychanalyse (Freud, Lacan).

Geneviève Morel  , psychanalyste à Paris et à Lille, ancienne élève de l’ENS, agrégée de l’Université (mathématiques), docteur en psychologie clinique et psychopathologie. Auteur de : Ambiguïtés sexuelles. Sexuations et psychose, (Anthropos Economica, 2000), Clinique du suicideL'œuvre de Freud. L'invention de la psychanalyse, (Bréal, 2006) ; La loi de la mère. Essai sur le sinthome sexuel, (Anthropos Economica, 2008). Enseignante à « Savoirs et clinique » à Lille et à Paris, présidente du Collège de Psychanalystes d’A.l.e.p.h.

Jean-Michel Rabaté  est Vartan Gregorian Professor in the Humanities à l'University of Pennsylvania. C'est un des fondateurs et responsables de la Slought Foundation. Il est membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Il a publie plus de trente livres sur le modernisme, la psychanalyse, l'art contemporain et des auteurs tels que Beckett, Pound et Joyce. Ses ouvrages récents incluent Lacan Literario (2007), 1913: The cradle of modernismThe Ethic of the Lie (2008) et Etant donnes: 1) l'art, 2) le crime (2010).

Slavoj Žižek  est chercheur à l’Institut de sociologie de l’Université de Ljubljana, directeur de l’Institute for the Humanities of Birkbeck (University of London) et président de la Société de Psychanalyse Théorique de Ljubljana.


(sous la dir. de), Erès, 2002 (poche en 2010), (2007),   







 
 

La brochure de Savoirs et clinique est disponible sur le site de Savoirs et clinique Actualités LA LECTURE INSISTANTE (AUTOUR DE JEAN BOLLACK) Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle du SAMEDI 11 JUILLET (19 H) AU SAMEDI 18 JUILLET (14 H) 2009

Apparences de la Vie Normale -Colloque, 14 novembre 2009 -Cesson-Sevigné
 
Colloque, 14 novembre 2009

Apparences de la Vie Normale

Auditorium Centre Culturel,
Pôle Arts Plastiques
Cesson-Sevigné

http://www.ville-cesson-sevigne.fr/index.php?page=expositions-pole-arts-plastiques


PROGRAMME (en pièce jointe)

DE LA JOURNÉE

10h : accueil

10h30 / 11h30 : Jean-Marc HUITOREL

11H30 / 12H30 : Geneviève MOREL

14h30 / 15h30 : Miguel EGAÑA

15h30 / 16h : danse et pause

16h30 / 17h30 : Franz KALTENBECK

17h30 / 18h00 : film Pierre MOIGNARD

18h00 / 19h00 : Régis MICHEL

20h30 / 22h : sur invitation, film
Geneviève MOREL + débat


Miguel Egaña, « austellung fuhrer »,

collages et encre sur papier (2009)
AVANT

PROPOS 1

De nouveau ouverte au public après trois longues années
de fermeture, la galerie municipale Pictura retrouve sa
liberté de ton avec pour ambition une programmation de
qualité nationale et internationale.

La première exposition, collective, du renouveau de cette
galerie « Apparences de la vie normale » correspond à
la démarche entamée par la nouvelle municipalité d’une
« culture pour tous » qui doit permettre à toutes et tous
d’être sensibilisés par les diverses formes de l’art tout en
maintenant une exigence artistique.

La qualité des intervenants du colloque venus d’horizons
divers (artistes, conservateurs, sociologues, critiques
d’art, philosophes, psychanalystes) montre, s’il en était
besoin, ce souci constant du respect du public et de la
volonté d’ouverture.


Alain Bizeau « Négociation 2 »,

crayon de couleur sur papier (2005)

Christian
ANNEIX

Maire adjoint
à la Culture et
au Patrimoine



AVANT

PROPOS 2

Si la création contemporaine est plus
communément admise en danse, en
théâtre, en musique… elle est, pour les
arts plastiques, souvent plus sujette à débats, notamment
sur son appropriation par le public.

Et pourtant, dans une société actuelle envahie par l’image
et l’objet, l’éclairage du plasticien est précieux sur notre
capacité à voir le monde autrement, à développer une
analyse critique, à prendre le temps de poser des regards
croisés et à en confronter les sens. En cela, l’organisation
de ce colloque sur la Vie Normale prolonge habilement la
diffusion des oeuvres.

L’artiste est celui qui questionne, sa liberté d’expression
est nécessairement intégrée au processus même de la
création. Sans cette liberté, pas de véritable création.

Qu’en est-il alors de la norme dans la création artistique,
l’artiste peut-il réellement y échapper ?

L’artiste serait–il porteur d’un mélange savant entre utopie
et réalisme, entre transmission et invention ?

En tout cas, l’oeuvre demeure à la fois un témoignage et
une occasion formidable de questionnement. Pour celà,
elle est nécessaire.


Philippe Perrot « Est-bien toi Grand-Maman »,

1997, huile et bétadine sur toile

Carole
Lardoux

Direction de
l’Action Culturelle



JE NORME
DONC
J’EXISTE

La norme (du latin norma, « équerre,
règle ») est définie le plus couramment
comme une règle à suivre.

La chose est flou, difficile à cerner
parce qu’elle est lisse. On la reconnaît
justement à ce qu’on ne la voit pas, on ne s’y arrête
pas ; elle est normale tout va bien ! Pour tous, la « vie
normale » semble une association de mots banale.
Pointer du doigt, cette apparence de normalité nous
accule à une réaction en chaîne de questionnement
existentiel qui déstabilise notre apparente tranquillité.

Au collège, les enseignants décrivent ce besoin impérieux
de l’enfant de se fondre dans la masse, de ressembler
aux autres. Plus tard, la mode par exemple, prétend
répondre à la question : Que dois-je faire pour ressembler
à une femme ? Que dois-je faire pour ressembler à un
homme ? Dans le monde du travail, nous sommes tous
confrontés à ces questions ;

Comment dois-je me comporter si je suis : avocat,
pompier, esthéticienne, homme (femme) politique,
conservateur de musée, critique d’art, psychanalyste,
artiste ? La norme veut que les artistes, ex – centriques
par essence, s’attachent à casser nos quotidiens.

L’art, particulièrement l’art contemporain, porteur d’images
qui éveillent la curiosité pourrait donc s’inscrire logiquement

dans l’anormalité. A contrario, les artistes réunis dans
l’exposition « Apparence de la vie normale » nous
montrent des tranches de vie tirées de nos habitudes :
maison, famille, travail, loisirs. Toutes les oeuvres nous
laissent pourtant un sentiment d’inquiétude sourde.

Dans les années 70, une série anglaise « le Prisonnier »*
nous décrivait une île où tout semblait bien rangé, bien
ordonné. Chacun son numéro, des lotissement sortis tout
droit d’une brochure immobilière, des sourires figés, des
vies faites d’habitudes heureuses et tranquilles.

Le n°6 (nous), arrivé là on ne sait comment, on ne sait
pourquoi, n’a qu’une idée en tête : s’évader de ce paradis
artificiel du confort consumériste américain. Inévita-
blement une grosse bulle surmoïque surgit de nulle
part le ramène à sa case. En parallèle des images de
l’exposition le colloque posera des mots sur ces forces
telluriques qui poussent la croûte de nos habitudes de
l’apparence de nos normalités.


Loïc Bodin

Sculpteur

Directeur du pôle
Arts Plastiques de
Cesson-Sévigné

Le Prisonnier (The Prisoner) série
télévisée britannique, créée par George
Markstein et Patrick McGoohan
diffusée entre 1967 et 1968 .



NORMALISATIONVIRTUELLE

Même si ce n’est pas toujours le cas, ceux que leurs
symptômes excluent des normes sociales (difficultés à
trouver du travail, à fonder une famille, à tisser des liens)
font souvent part au psychanalyste de leur aspiration à
« être normal ». On est loin, alors, d’une conception
romantique de la folie comme créative. On peut même
se demander s’il ne s’agirait pas d’une nouvelle forme
de « folie de la normalité » qui ferait tache d’huile en
notre siècle.

Or cette demande de normalité, qui part d’une souffrance
réelle, rencontre une réponse ad hoc dans la prolifération
des psychothérapies cognitivistes qui prônent la
réadaptation sociale et l’ajustage aux normes par divers
(dé)conditionnements.

Folie normale et thérapies du dressage à la normalité
marcheraient alors la main dans la main, dans une
complicité paradoxale où s’entremêlent les relations
complexes du pouvoir et de la résistance.

Immersion, un film de Harun Farocki (2009), montre
comment on soigne les soldats américains traumatisés
par la guerre d’Irak, non sans poser des questions qui
dérangent…


Extrait du film Immersion de Harun Farocki (2009)

Geneviève
Morel

Psychanalyste



LA NORME ET LA
FRONTIÈRE :
PAS DE NORMES,
DES BORNES.

La norme sociale n’est pas la norme de l’art. Qu’est-ce
alors que la norme de l’art ?

La norme de l’art épouse les contours de ce que l’on
s’accordera à appeler la représentation ou, parfois, la
symbolisation.

Outre quelques exemples « limites » (Allan Kaprow,
Thomas Hirschhorn, Bernard Brunon, Gilles Mahé,
Neal Beggs, Lara Almarcegui, Franck Bragigand, entre
autres), j’évoquerai les Lignes d’erre de Fernand Deligny
revisitées par les artistes Berdaguer & Péjus. De ceux-ci,
il sera encore question à travers de leurs Arbres et autres
Psycho-architectures.

La frontière, c’est toujours celle qui courre entre l’art et
le réel. Pas de normes donc, des bornes.


Mannequins reliés - Thomas Hirschhorn (2006)

Jean-Marc
Huitorel

Critique d’art,
commissaire
d‘exposition et
enseignant



DANS LA FOULE

Le Chorégraphe Jazz Wayne Barbaste aborde la question
de la vie normale par le corps.

Une interrogation sur les rencontres possibles entre les
êtres et la place du corps dans notre société.

Question de choix !

Travail interactif danse et vidéo.


Photo : Richard Volante

Pièce chorégraphique (extrait)

Wayne
Barbaste

Chorégraphe

Cie Calabash



LA VIE NUE

Dans sa Critique de la violence (1921), Benjamin évoque
un concept étrange, qui fait encore l’objet de débats
infinis : la vie nue (das bloße Leben). Agamben y a vu la
notion clef du biopouvoir (la nuda vita).

C’est, écrit-il, la vie nue - la vie sans droits - qui définit
le pouvoir souverain dans un monde occidental dont le
paradigme politique n’est plus la cité. Mais le camp.

La vie normale aujourd’hui, c’est la vie nue. On tente
ici d’explorer, par des films admirables (Mik, Farocki,
Khourian, Chen Chieh-jen), jusqu’où va la dérive
liberticide de nos démocraties autoritaires. Totalitaires ?


Vidéo de Hernan Khourian, /Areas/ (2000)

Régis
Michel

Critique d’art,
conservateur
Musée du Louvre



VIE DE CHIEN/
VIE D’ARTISTE

Le thème de cette intervention est une
interrogation sur les relations entre
l’art et la vie.

Le paradigme artistique classique se fonde sur les
notions équivalentes d’oeuvre et de forme : l’oeuvre étant
l’accomplissement d’une forme, et la forme étant ce qui
donne sa raison à l’oeuvre. En conséquences, l’oeuvre,
phénomène pérenne et transcendant, se situe dans
une opposition radicale avec le vivant, caractérisé par sa
fluidité, son évanescence, sa singularité irréductible, etc.

L’avènement de la modernité, à partir du début du XIXe
siècle, opère un renversement total de cet agencement.
Comme l’a montré Michel Foucault, la vie se place
désormais au centre de l’idéologie et de la constitution
même du social, nous engageant désormais dans un
biopouvoir, une biopolitique.

Répondant à ce bouleversement par la mise en place
d’une bioesthétique, l’art, depuis le Romantisme, a fait
à son tour de la vie le fondement tant de sa philosophie
que de sa pratique, jusqu’à faire de la formule l‘art c’est
la vie, sans cesse réitérée de générations en générations,
le résumé idéologique de ses aspirations.

Les conséquences en sont extrêmes : le renoncement
à ce qui se donnait comme constitutif de sa définition,
l’oeuvre, la forme, la transcendance, au profit d’une
immanence recherchée avec la vie même, l’informe,
le transitoire, le mouvant, implique d’une part une
dissolution de la catégorie même de l’art (« tout le monde
est un artiste ») et d’autre part, un changement radical
de perspective : l’artiste, porteur de l’utopie vitaliste,
devient maintenant celui qui non seulement doit se
fondre dans la vie mais surtout se donne pour tâche de
la changer (« changer la vie »), de la rendre plus riche,
plus forte, plus intense, en un mot, plus vivante.

Non content d’être « une promesse de bonheur », l’art
se dégage alors de la vie normale, définie comme sous-
vie, et devient alors, à travers ses hérauts (Novalis,
Nietzsche, etc.), la voie royale qui mène à la Sur-vie.


Miguel
Egaña

Plasticien
universitaire.

« Chienne de Vie », Miguel Egaña,
encre sur papier (2009)



WHO CHOOSETH ME.

NOTES FOR THE MERCHANT
OF VEGAS.

Il y a des lieux où les hommes n’aspirent pas à une
expérience nouvelle. Non, ils aspirent à se libérer de
toute expérience quelle qu’elle soit, ils aspirent à un
environnement dans lequel ils puissent faire valoir leur
pauvreté extérieure, et finalement aussi intérieure, à
l’affirmer si clairement et si nettement qu’il en sorte
enfin quelque chose de valable. Las Vegas est un de
ces lieux. Son décor est parvenu à une forme de réalité
fantasmagorique si radicale que Pierre Moignard choisit
de ne pas incarner la fiction de son film, tirée de la
comédie The merchant of Venice de Shakespeare, par
le jeu d’acteurs.

L’acteur, comme Pasolini le fit dans Orestie Africaine,
est privé de la reconstitution, il ne reconfigure pas
par son jeu un monde autour de lui, tant l’extériorité
est écrasante et fascinante. Ainsi suivant la trame de
l’histoire de Shylock repensée sous la serre chaude de
Vegas et Venice beach, Moignard nous plonge dans les
« villes de rêve » de l’Amérique d’aujourd’hui, comme
il nous avait retenu avec quelques uns de ces motifs
récurrents : dans un sac de couchage aux motifs kaki
dormait là un vagabond de passage. La « chose »
par son contour informe et pathétiquement humain,
offrait l’image presque idéale du devenir pictural de la
morphologie humaine que Moignard n’avait cessé de
traquer jusque là. Elle résumait les contradictions d’une
culture fascinante et cruelle.


Film vidéo , 28mn (2006/2009).

Pierre
Moignard

Artiste

Réalisateur

du film



COMMENT RÉPONDRE
AU CRIME À PARTIR
DE LA PSYCHANALYSE?

Les prisons font beaucoup parler d’elles - de leur état
glauque, de leur surpopulation et de leur transformation
larvée en «asiles de fous» sans vrais moyens médicaux.

Est-ce vraiment ce scandale sanitaire qui les rappelle
sans cesse à notre mémoire? Ou est-ce qu’à travers
notre indignation, pour justifiée qu’elle soit, se dit encore
autre chose, à savoir que nous ignorons presque tout sur
les sources de la violence humaine ? Une ignorance qu’il
faudrait en tout cas réduire pour rendre notre société un
peu plus vivable. En tant que psychanalyste, écoutant
des détenus dans une maison d’arrêt du Nord de la
France afin de déchiffrer leurs destins et leurs actes, je
m’applique à contribuer à cette tâche.


Alien 4, Résurrection - Jean-Pierre Jeunet (1997)

Franz
Kaltenbeck

Psychanalyste

Directeur de la revue
« Savoirs et Clinique »



« LA VIE NORMALE.
RÉCITS DE L’HÔPITAL
D’ARMENTIÈRES »

Projection d’un film, suivi d’un débat*.

Il s’agit d’une série de films documentaires en vidéo HDV,
produits par l’association « Savoirs et clinique pour la
formation permanente en psychanalyse », et réalisés
par Geneviève Morel, psychanalyste. Chaque film est
monté à partir d’un entretien unique avec un patient
de l’hôpital : quelqu’un nous confie, avec ses propres
mots, avec son style souvent très particulier, pourquoi
il vient d’arriver à l’hôpital. Il nous fait le récit de sa vie
en entrant dans les détails d’une façon émouvante, selon
une temporalité qui s’accélère à la fin de l’entretien en
donnant souvent des éléments de réponse aux énigmes
du départ.

Le titre de ces films m’est venu en écoutant les patients
d’Armentières à l’hôpital, lors des entretiens cliniques
du samedi matin. J’ai été frappée par l’aspiration tout
à fait explicite à la normalité de nombre d’entre eux.
Chacun, à sa façon, témoigne, alors qu’il en est le plus
loin, le plus exclu, d’une aspiration, non pas à quelque
chose d’original, de nouveau pour lui, comme ce que
Lacan a appelé un sinthome, sorte de noeud singulier
de fantasmes et de symptômes qui soutient le désir et
la réalité, mais au contraire à un idéal conventionnel,
celui de la norme sociale qu’on pourrait appeler
« travail, propriété, famille ». Ces films nous donnent
donc l’occasion d’interroger le pouvoir des normes et le
rapport à la normalité.

* Projection réservée aux personnes en formation ou en exercice
dans les champs de la psychanalyse, de la psychologie, de
la psychiatrie ou de la santé mentale. Retirer son invitation à
l’adresse mel apparencesdelavienormale@gmail.com en indiquant
nom et profession.

Geneviève
Morel

Psychanalyste



PROGRAMME

DE LA JOURNÉE

10h : accueil

10h30 / 11h30 : Jean-Marc HUITOREL

11H30 / 12H30 : Geneviève MOREL

14h30 / 15h30 : Miguel EGAÑA

15h30 / 16h : danse et pause

16h30 / 17h30 : Franz KALTENBECK

17h30 / 18h00 : film Pierre MOIGNARD

18h00 / 19h00 : Régis MICHEL

20h30 / 22h : sur invitation, film
Geneviève MOREL + débat


Miguel Egaña, « austellung fuhrer »,

collages et encre sur papier (2009)

 

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