
Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH
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Psychanalyse et personnes âgées
Samedi 24 novembre 2007
ESC de Lille
— Après-midi Psychanalyse et personnes âgées :
Alzheimer, paroles et portraits, avec les Docteurs Chantal Dalmas, psychiatre au C.h. de Marseille, Jean-Louis Belin, gériatre aux hospices de Beaune et Pascale Kaparis, artiste vidéaste qui présentera ses vidéos Restitutions, paroles et portraits Alzheimer, commande du C.h. d'Avallon, à l'occasion de la sortie en octobre 2007 du livre Parce que je rêve pas, monografik-éditions, diffusion distribution : Paris-Musées. Textes de Alain Ansart, Pascale Kaparis, Jean-Louis Belin, Chantal Dalmas.
Cette année, c’est à partir de l’image et de la parole que nous poursuivons nos travaux de recherche sur l'articulation possible entre la vieillesse et
Pourtant, ce symbolisme, en confondant l’image et le symbole et en faisant l’impasse sur l’inconscient, entretient l’illusion d’une réalité plus réelle que le réel[1]. Si cette illusion fonctionne encore dans notre monde moderne, c’est qu’elle est soutenue par le discours médical qui remplace l’inconscient par un assemblage complexe de neurones et offre ainsi la perspective rassurante d’une possible maîtrise du réel. La logique du bon sens partagé peut ainsi continuer à travailler de concert avec la pulsion de mort. Du fait de cette dénégation de l’inconscient, la gérontologie, malgré les critiques dont elle fait l’objet [2], collabore à cette logique qui réduit le plus souvent le « vieux » à un être-objet : asexué, hors du monde, dépendant. Ainsi, il n’est pas étonnant de constater que le suicide et l’euthanasie sont en fin de compte, des « solutions » encore facilement admises lorsqu’on aborde le problème de
À un moment où l’image s’impose de plus en plus comme support de discours, la psychanalyse freudienne puis lacanienne, en distinguant les catégories : imaginaire, symbolique, réel et semblant, a permis d’éviter les pièges du symbolisme. C’est donc au réel, synonyme ici de la jouissance, qu’il faudra revenir tout en soulignant la richesse signifiante de son champ[3]. Richesse que des artistes comme Proust dans la Recherche ou Joyce dans Finnegans Wake ont su exploiter. La psychanalyse, en montrant que l’inconscient est le lieu du déchiffrage de la jouissance, se révèle une aide précieuse pour notre recherche. L’inconscient du sujet âgé existe toujours, et même s’il ne travaille plus à faire entrer la jouissance dans le corps, il continue à l’énumérer[4]. À la logique simpliste du bon sens qui fait l’impasse sur l’inconscient, nous préférerons donc une autre logique, lacanienne plus percutante [5] parce qu’elle touche à la complexité du réel. Le support de la vidéo nous permettra de rendre compte de cette complexité et de l’opposition, particulièrement sensible chez le sujet âgé, entre l’ineffable de la jouissance et les semblants qui le faisaient tenir et sur lesquels se fondent tous les discours.
[1] Plus réel que le réel, le symbolisme est le titre du n°12 de la revue semestrielle du M.a.u.s.s., dans cette revue de sociologie, les différents auteurs montrent que cette notion est vouée à l’obscurantisme.
[2] La dépendance des personnes âgées. Quelles politiques en Europe ? Sous la dir. de Claude Martin, éd. ENSP, 2003.
[3] Geneviève Morel, Ambiguïté sexuelles. Sexuation et psychose, Anthropos, 2000., p.25
[4] Jacques Lacan, Radiophonie, in Autres écrits, éd. Seuil, Paris, 2001, p. 409-410
[5] Jacques Lacan, D’un discours qui ne serait pas du semblant, inédit, 1971.