
Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH
Les dernières actualités A.L.E.P.H et CP-ALEPH
![]() | Autour de Slavoj Zizek Psychanalyse, Marxisme, Idéalisme allemand Sous la direction de Raoul Moati Collection Actuel Marx Confrontation septembre 2010 |
Savoirs et clinique
Psychanalyse et symptômes sociaux
Séminaire théorique I
Geneviève Morel
Malaise dans le sexe :
à quel prix la morale sexuelle
peut-elle être « civilisée » ?
En 1908, Freud écrivit un petit texte intitulé « La morale sexuelle “civilisée” et la maladie nerveuse des temps modernes », véritable brûlot qui anticipait son célèbre Malaise dans la civilisation (1930). Freud y évalue (un mot à la mode aujourd’hui !) les dégâts que cause la civilisation (Kultur est ici le mot de Freud) par les sacrifices qu’elle exige de chacun : névroses engendrées par la répression des pulsions, surtout agressives ; création de « délinquants » qui n’arrivent pas à se conformer aux normes inflexibles de la société, etc. La civilisation entre en conflit avec les aspirations pulsionnelles de l’individu sur deux points : les pulsions sexuelles et l’agressivité, autre nom de la pulsion de mort quand elle est tournée vers l’extérieur. En effet l’individu cherche à s’unir sexuellement dans l’amour et à constituer ainsi une cellule étroite, alors que la civilisation requiert une grande part de cette libido pour la mettre en commun avec les autres dans des foules organisées. D’où une perte de la liberté individuelle.
Ce sombre constat freudien est-il encore valable aujourd’hui, à l’heure où nos sociétés, toutes tendances politiques confondues, réclament à grands cris un plus de sécurité qui les entraîne fatalement vers un contrôle accru de la santé « mentale » (dès le berceau) et de la sexualité, et vers un débordement sans précédent des prisons ?
Je reprendrai ces questions d’actualité, en m’appuyant sur la clinique et en lisant Lacan sur la question de l’homosexualité féminine, qui a toujours été hors norme et heurte donc les fondements normatifs de la société : ce qui nous force à une réflexion inédite. En effet, « la jeune homosexuelle » de Freud, analysée en 1920, fut pour Lacan un véritable « cas limite », au sens où elle subvertit ses catégories théoriques et l’oblige à les remanier constamment, de la perversion jusqu’au sinthome, en passant par la définition d’un « désir féminin » et de la jouissance « pastoute ». En suivant ce fil, on peut traverser toute la doctrine sexuelle de Lacan : voici des outils concrets pour penser le malaise sexuel « civilisé » contemporain.
Séminaire théorique II
Le malaise dans la mondialisation
La mondialisation a des conséquences socio-économiques et culturelles pour les citoyens quel que soit le pays qu’ils habitent. Elles ne sont pas toutes négatives. Pourtant, d’aucuns affirment qu’elle nous tendrait un piège en forme de double bind, composé de deux injonctions contradictoires. Elle nous imposerait d’être autonomes. Mais en même temps elle exigerait qu’on se range sous la bannière du marché et du capital. Au fond, elle nous laisserait seuls sans nous libérer.
Cette thèse ne s’appuie-t-elle pas sur l’élément même qu’elle dénonce ? Elle oppose le sujet à l’instance impitoyable du capitalisme qui réduit tout à
Face à cette défaillance de la critique sociale on a tout intérêt à relire Freud avec Lacan.
En 1929, Freud rédige Le malaise dans
Et pourtant, Freud a mis en valeur l’aspect positif en elle. Elle confronte l’être humain au réel de sa jouissance mais aussi à son abjection. Et elle cause son désir. C’est une cause qu’il ne dominera jamais et que la fascination ne parvient pas à dompter. La culture de Freud ne répond pas à la nature mais au réel, tel que Lacan le définit. La réflexion freudienne sur ce concept dynamique et complexe pourrait aider à trouver une issue de l’impasse d’une mondialisation dominée par le marché.
Les participants de ce séminaire pourront, s’ils le souhaitent, intervenir à partir de leurs pratiques ou de textes psychanalytiques proposés au début de l’année, sur les effets cliniques de la mondialisation.
Les deux séminaires théoriques ont lieu successivement le samedi de 14 h 30 à 16 h (G.
Morel) et de 16 h 15 à 18 h (F. Kaltenbeck), les 14 octobre, 25 novembre, 9 décembre
2006, 13 janvier, 10 février, 17 mars, 12 mai et 2 juin 2007.
ESC Lille, avenue Willy Brandt, 59777, Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public.
16€ (TR : 8€) par séance pour ceux qui ne sont pas inscrits à Sovoirs et clinique.