A.L.E.P.H. & CP-ALEPH Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH

A.L.E.P.H. & CP-ALEPH

Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH

 
 
 
 
 
 

Les dernières actualités A.L.E.P.H et CP-ALEPH

Actualites


Jacques Lacan matérialiste

Toulouse 2012

Bollack

Auteur(s) : COLLOQUE DE CERISY
Né en 1923, Jean Bollack est un des plus grands philologues de notre époque, également très connu pour ses travaux sur le théâtre, la psychanalyse et la philosophie grecque. Les textes rassemblés dans ce volume témoignent d’une rencontre entre des chercheurs d’horizons et de disciplines diverses. La raison de cette rencontre est d’abord celle d’une convergence de méthode : l’herméneutique critique (les œuvres sont à la fois sources de sens et parties prenantes de l’histoire intellectuelle qui les a produites) dont Jean Bollack et Heinz Wismann ont été les premiers à révéler la fécondité dans le domaine de la philosophie antique – présocratique, notamment. Si J. Bollack a pu tester cette méthode dans un domaine relativement circonscrit –Hésiode, Héraclite, Empédocle, les tragiques grecs, Épicure–, il importait d’étendre le champ de son application à des œuvres d’époques et de genres différents : littérature, poésie, textes sacrés, peinture, et d’asseoir sa validité dans une perspective plus théorique en la justifiant du point de vue des théories du langage, de l’interprétation et de la critique esthétique. Cet ouvrage offre aux lecteurs la possibilité de revisiter des textes souvent très connus (Genèse, Homère, Œdipe roi, Molière, Madame Bovary, Rimbaud, etc.) sous un angle qui en rénove la réception.

http://www.albin-michel.fr/La-Lecture-insistante-EAN=9782226208910


sexual ambiguity

Autour de Slavoj Zizek
Autour de Slavoj Zizek
Psychanalyse, Marxisme, Idéalisme allemand

Sous la direction de Raoul Moati
Collection Actuel Marx Confrontation
septembre 2010





Table des matières
Raoul Moati (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - Liminaire
Slavoj Žižek (Université de Ljubljana, Birkbeck College, University of London) - De Hegel à Marx et retour
Lorenzo Chiesa (University of Kent) - Christianisme ou communisme ? L’hégélianisme marxien et le marxisme hégélien de Žižek
Franck Fischbach (Université de Nice Sophia-Antipolis) – Substance et sujet
Jean-Michel Rabaté (University of Pennsylvania)- Parallaxe "Marx": du marxisme de Lacan au marxisme de Žižek
Slavoj Žižek (Université de Ljubljana, Birkbeck College, University of London) – Peut-on encore être hégélien aujourd’hui ?
Raoul Moati ( Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - « Appréhender et exprimer le Vrai, non comme substance, mais précisément aussi comme sujet », L’hégélianisme lacanien de S. Žižek
Geneviève Morel (Psychanalyste, Paris) – L’écran noir, Slavoj Žižek, le cinéma et l’idéologie
Franz Kaltenbeck (Psychanalyste, Paris) – La liberté de Žižek
Ronan de Calan (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)- Une défense de l’universalisme abstrait, Žižek, les révolutionnaires et la morale kantienne

AUTEURS 

Ronan de Calan  est maître de conférences à l'université Paris I et membre de l'IHPST (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques). Dernière parution: "Des empiriques aux empirismes. Expérience et méthode à l’âge classique". In : L. Perreau, L'expérience, Paris, Vrin, 2010, p. 11-39. À paraître: Généalogie de la sensation. Physique, physiologie et psychologie en Europe, de Fernel à Locke (1550-1670), Paris, Champion, 2010, 600 p.

Lorenzo Chiesa  est « Senior Lecturer in Critical Theory à l’University of Kent » à Canterbury, et «Visiting Research Fellow à l’Institute of Philosophy SRC SASA » à Ljubljana. Il est l’auteur de Subjectivity and Otherness: A Philosophical Reading of Lacan (MIT Press, 2007), Antonin Artaud. Verso un corpo senza organi (ombre corte, 2001), et l’éditeur (avec Alberto Toscano) de The Italian Difference: Between Biopolitics and NihilismThe Ticklish Subject (Le Sujet qui fâche). Il termine en ce moment la traduction en anglais du livre de Giorgio Agamben Il Regno e La Gloria: Homo Sacer, II, 2 (Stanford University Press, 2010), ainsi que la rédaction de deux projets de livres : For Lacan: Science, Logic, Politics (MIT Press, 2011); The Virtual Point of Freedom: Essays on Politics, Aesthetics, and Religion (Merve Verlag Berlin, 2011).
(re.press, 2009). Chiesa a édité et traduit en italien de nombreux textes de Slavoj Žižek, notamment 
Franck Fischbach, né en 1967, ancien élève de l’E.N.S. (Fontenay), est professeur de philosophie à l’université de Nice Sophia-Antipolis. Ses travaux portent sur l’idéalisme allemand, Marx et la tradition de la philosophie sociale. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’être et l’acte (Vrin, 2002), La production des hommes. Marx avec Spinoza (P.U.F., 2005), Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation (Vrin, 2009) et Manifeste pour une philosophie sociale (La Découverte, 2009).

Franz Kaltenbeck  , Psychanalyste à Paris et à Lille. Travaille aussi au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille, SMPR de la Maison d’arrêt de Lille, Service du Professeur Pierre Thomas. Il enseigne la théorie et la clinique de la psychanalyse à “Savoirs et clinique”, Paris et Lille. Rédacteur en chef de Savoirs et clinique. Revue de Psychanalyse. Publications récentes: Reinhard Priessnitz. Der stille Rebell. (Literaturverlag Droschl, 2006). Sigmund Freud. Immer noch Unbehagen in der Kultur?( Diaphanes, 2009). “Traits de Paul Celan dans Poésie contre Poésie de Jean Bollack” in La philologie au présent (Presses Universitaires du Septentrion, 2010).
Raoul Moati est agrégé de philosophie, ATER à l’Université de Paris I et membre de « Philosophies contemporaines ». Il est l’auteur de Derrida/Searle, Déconstruction et langage ordinaire (Paris, PUF, « Philosophies », 2009). Ses travaux se situent au croisement de la déconstruction (Derrida, Paul de Man), de la philosophie du langage ordinaire (Austin, Searle, Cavell) et de la psychanalyse (Freud, Lacan).

Geneviève Morel  , psychanalyste à Paris et à Lille, ancienne élève de l’ENS, agrégée de l’Université (mathématiques), docteur en psychologie clinique et psychopathologie. Auteur de : Ambiguïtés sexuelles. Sexuations et psychose, (Anthropos Economica, 2000), Clinique du suicideL'œuvre de Freud. L'invention de la psychanalyse, (Bréal, 2006) ; La loi de la mère. Essai sur le sinthome sexuel, (Anthropos Economica, 2008). Enseignante à « Savoirs et clinique » à Lille et à Paris, présidente du Collège de Psychanalystes d’A.l.e.p.h.

Jean-Michel Rabaté  est Vartan Gregorian Professor in the Humanities à l'University of Pennsylvania. C'est un des fondateurs et responsables de la Slought Foundation. Il est membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Il a publie plus de trente livres sur le modernisme, la psychanalyse, l'art contemporain et des auteurs tels que Beckett, Pound et Joyce. Ses ouvrages récents incluent Lacan Literario (2007), 1913: The cradle of modernismThe Ethic of the Lie (2008) et Etant donnes: 1) l'art, 2) le crime (2010).

Slavoj Žižek  est chercheur à l’Institut de sociologie de l’Université de Ljubljana, directeur de l’Institute for the Humanities of Birkbeck (University of London) et président de la Société de Psychanalyse Théorique de Ljubljana.


(sous la dir. de), Erès, 2002 (poche en 2010), (2007),   







 
 

Prochain(s) événement(s)

11e colloque de l’A.l.e.p.h., colloque franco-allemand -Dessins de lettres -Psychanalyse, littérature, théâtre.
 

Dessins de lettres -Psychanalyse, littérature, théâtre.

11e colloque de l’A.l.e.p.h. Colloque franco-allemand


27et 28 mars 2010


SKEMA de Lille (ancienne ESC)

Avenue Willy Brandt 59000 Lille (Euralille)


=> Bulletin d'inscription


=> Programme imprimable


=> Dépliant imprimable


Contact : Sylvie Boudailliez 03 20 70 81 52

Affiche colloque ALEPH

Virginia Woolf (née Stephen) by Vanessa Bell (née Stephen) © National Portrait Gallery, London



 

En  1908, Sigmund Freud compare la littérature à une activité « de fantasme ». Son article va plus loin que le titre ne le laisserait entendre : il ne suffit pas de fantasmer pour écrire.  Le fantasme soutient le désir, il ouvre une fenêtre sur le réel –  Fenêtre sur cour, le film d’Alfred Hitchcock, illustre bien cette « ouverture ». Mais le désir, bien qu’articulé, reste inarticulable, comme l’observe Lacan. Et le réel ne pointe, la plupart du temps, que sous la forme de l’angoisse dans l’embrasure de la fenêtre du fantasme.

 

Aussi est-ce par le rejet que réagit l’être parlant à l’impossibilité d’exprimer son désir et à l’angoisse causée par le réel. Il ne veut rien en savoir : il refoule ou rejette son désir et fuit le réel. Cependant, depuis la nuit des temps, le chant des sirènes attire les poètes. L’écriture leur permet de les approcher, mais ils restent attachés au mât d’une réalité rassurante, ainsi qu’Ulysse sur son navire.

 

Féru de lettres, grand lecteur de Shakespeare et jaloux de certains écrivains comme Arthur Schnitzler, Freud a frayé une autre voie vers ces zones où l’homme rencontre son destin. Il a inventé la psychanalyse dont on peut, avec Lacan, définir l’objectif : libérer le désir inconscient par la répétition de la demande, adressée par un sujet à un psychanalyste, de trouver son chemin dans une vie dont le langage voile les vrais enjeux, ceux de la sexualité, et avant tout, la question de savoir si un homme et une femme peuvent se rencontrer.

 

Dans le projet freudien de fonder de « hautes études » de psychanalyse (La question de l’analyse profane, 1927), la littérature joue un rôle  éminent. Et pourtant, ce n’est par goût des belles lettres. Freud, s’il appréciait le théâtre d’Henrik Ibsen, ne méprisait pas pour autant la littérature mineure (la Gradiva de W. Jensen, par exemple), prenant son matériel là où il le trouvait. Lacan s’oppose à son tour aux lubies des beaux esprits en jouant volontiers sur l’équivoque du mot « lettre » : le « ruissellement des petites lettres » des mathématiques lui importait  autant que celui des textes littéraires.

 

De tout temps, des hommes et des femmes ont avoué qu’il leur aurait été impossible de se maintenir dans l’existence s’ils n’avaient pas écrit. C’est sur cette fonction salvatrice de la littérature que Lacan pouvait se fonder quand il faisait de celle de Joyce un symptôme, voire un « sinthome ». Terme de l’époque de Rabelais, le « sinthome » désigne sous la plume de Lacan un lien réparateur sans lequel un sujet risque de sombrer dans la folie. À Joyce et quelques autres, l’écriture a servi d’un tel lien. Loin de renforcer le narcissisme ou la simple demande de reconnaissance sociale, l’écriture peut s’avérer nécessaire. Aussi la psychanalyse se laisse-t-elle instruire par la littérature. L’écriture et la psychanalyse sont solidaires puisque toutes les deux, et chacune à sa façon, défendent l’existence du sujet contre la jouissance dévastatrice qui parfois menace de l’annihiler. L’écriture dans ce sens débroussaille « ce qui ne cesse pas de s’écrire » de façon sauvage dans les symptômes morbides. On peut dire que le sinthome littéraire est un antidote du symptôme ravageur. À cet égard, le psychanalyste qui veut dissoudre ce dernier par son interprétation doit beaucoup apprendre des poètes. 

 

Non, la psychanalyse ne se laisse ni réduire, ni « appliquer » à la littérature ! L’une rencontre plutôt l’autre sur certains points nodaux de la structure dans laquelle nous évoluons. Nous avons déjà insisté sur la fonction du sinthome. Voici encore deux autres points de rencontres :

 

1.                      Et l’inconscient et les poètes jouent avec la lettre – mais pas de la même façon, comme on le voit avec  l’auteur de Finnegans Wake, qui était « désabonné à l’inconscient ».

 

2.                      « La vérité a structure de fiction », rappelle Lacan dans son écrit « Lituraterre ». Certaines œuvres (de Kleist jusqu’à Borges) dramatisent le caractère fictionnel de la vérité tandis que les paradoxes de la logique  décrivent les voies par lesquelles la vérité se soustrait à la formalisation.

 

À la différence du signifiant qui représente le sujet, la lettre touche à la jouissance qui, elle, n’est pas représentable. Lacan pense la lettre comme située à la lisière entre le savoir et la jouissance, comme orientée vers ce que Freud, dans son Interprétation des rêves, a appelé  « l’inconnu » (das Unerkannte). Elle ne peut pas représenter mais seulement cerner ce réel.

 

Notre colloque réunira des chercheurs (en histoire, comme aussi en critique littéraire et artistique), des hommes et des femmes de théâtre ainsi que des psychanalystes. Ils confronteront le fruit de leurs recherches sur les dessins de la lettre, dans le double sens de cette expression : du fait de leurs constellations, les lettres de tout texte littéraire sérieux dessinent la frontière entre le savoir et la terre inconnue à laquelle se heurte ce savoir, montrant ainsi que le savoir lui-même ne nous est pas si familier, même quand nous pensons le maîtriser. « Dessin » renvoie, en plus, à « destin », voire à « destination ». En effet, la lettre entretient aussi une dynamique. C’est pourquoi les chercheurs, orateurs de notre colloque, s’intéresseront également aux voies des lettres quand elles interviennent dans le destin de l’être humain, incarné par les héros des romans de toutes les époques.




           
 
     
 

Samedi 27 mars 2010

 

SKEMA  de Lille, avenue Willy Brandt, 59000 Lille. Amphi A

     
 
   


9h15

 

Ouverture du colloque par Sylvie Boudailliez, psychanalyste, présidente de l’A.l.e.p.h.


   

9h30-11h

 

Présidence, Sylvie Boudailliez


 

Geneviève Morel

 

    Emmanuel Bove : l’homme piégé


 

Paul Audi

 

    Le paradoxe du Surmâle

(Alfred Jarry)


 

—Pause café—


 

11h 30-13h


 

Présidence, Isabelle Baldet


 

Jacques Aubert

 

    A propos de V. Woolf et de la peinture

 


Léon Vandermeersch 

 

    De la divination à l'écriture : comment sont nés les caractères chinois


   

—Pause déjeuner—


   

15h -16h30

 

Présidence, Frédéric Yvan


 


 

Jean Bollack

 

    Analyse de quelques lectures de la Bible faites par des psychanalystes


Franz Kaltenbeck

 
    David Foster Wallace au-delà du principe du plaisir
   

—Pause  thé —


 

17h


 

Présidence, Sylvie Nève


 

Régis Michel

 

    De l'analyse corporelle : un théâtre sans divan


   

—Cocktail—18h



 
       
 

Dimanche 28 mars 2010

 

SKEMA de Lille, avenue Willy  Brandt, 59000 Lille. Amphi A

     
 
   


9h30-11h

 

Présidence, Brigitte Lemonnier


 

Bernard Baas

 

    « Entre » philosophie et psychanalyse : la littérature comme expérience


 

Marcus Coelen

 

    « Tmêsis » – Syntaxe, Séparation, Solitude

(Lacan, Blanchot, Kleist)


   

—Pause café—


 

11h30-13h


 

Présidence, Eric Le Toullec


 

Michael Meyer zum Wischen

 

    Une écriture à dessein hors la loi : la maladie de la mort (M. Duras)


 

Regula Schindler

 

    Lacan lecteur de Claudel : le martyre de la lettre chez Sygne de Coûfontaine


   

—Pause déjeuner—


   

14h30


 

Présidence, Jean-Paul Kornobis


 

Monique Vanneufville

 

    Des lettres à l'ombre du père (Sur Anna Freud)


 

Lucile Charliac

 

    Lenz selon Büchner


   

16h : Conclusion du colloque : Franz Kaltenbeck



                   

Arguments du colloque


   
   

Jacques Aubert

 

    A propos de V. Woolf et de la peinture.

 

Une sœur peintre, proche. Des amis qui ne le furent pas moins. Des propos divers. Et puis, peut-être, un certain regard.

 

Jacques AUBERT, professeur émérite, a été professeur de littérature anglaise et contemporaine à l’Université de Lyon II. Il est l’éditeur des « Œuvres  de Joyce », 2 volumes, Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard, 1982 et 1995),  et de « l’Introduction à l’esthétique de James Joyce », Didier, Paris, 1973 (Traduction en anglais, revue et augmentée, The John Hopkins University Press, 1992). Grand spécialiste de Joyce, on lui doit également, entre autres, en collaboration avec Maria Jolas, « Joyce et Paris », deux volumes, éditions du CNRS, Paris, Lille, 1979, et « Joyce avec Lacan », Navarin, Paris, 1987. Il a dirigé la nouvelle traduction d’Ulysse, aux éditions Gallimard, NRF, 2004 (folio,  2006). Il a également dirigé les Cahiers de l’Herne James Joyce 1985 – Membre de l’Ecole de la Cause freudienne. 

   

Paul Audi

 

    Le paradoxe du Surmâle

 

Dans l’univers des contributions de la littérature à la psychanalyse, Le Surmâle d’Alfred Jarry, roman paru en 1902, devrait jouer un rôle de première importance, à condition toutefois d’en interroger la lettre dans la perspective des rapports entre le désir, la demande et l’amour. Ma communication entend présenter les grandes lignes d’un travail que j’espère publier à l’automne 2010, où la double question lacanienne du non-rapport sexuel et de sa suppléance par l’amour se voit recevoir de Jarry un éclairage décisif.

   

Paul Audi est philosophe. Il est notamment l’auteur de « Créer. Introduction à l’esth/éthique », Verdier, 2010 ; « Jubilations », Christian Bourgois, 2009. « Rousseau, une philosophie de l'âme », Verdier, 2008 ; « Supériorité de l'éthique », Champs, Flammarion, 2007; « Je me suis toujours été un autre. Le paradis de Romain Gary », Christian Bourgois, 2007; « Michel Henry. Une trajectoire philosophique », Belles Lettres, 2006 ; « La fin de l'impossible. Deux ou trois choses que je sais de Gary », Christian Bourgois, 2005; « Où je suis. Topique du corps et de l'esprit », Encre Marine, 2004.

   

Bernard Baas

 

    « Entre » philosophie et psychanalyse : la littérature comme expérience

 

La littérature est d'abord « expérience » littéraire, littéraire et littérale — littérale au sens étymologique de l'aventure où l'on revient d'une limite (ex-périence). Comment penser cette limite et ce passage à la limite ?

   

Bernard Baas, professeur agrégé, docteur en philosophie, enseigne en classe de khâgne à Strasbourg. Il a publié notamment  Le désir pur (1992), L'Adoration des Bergers (1994), De la Chose à l'objet (1998). Ces ouvrages ont été traduits et publiés en plusieurs langues étrangères. Dernière publication : La voix déliée (2010, éd. Hermann).

   

Jean Bollack

 

    Analyse de quelques lectures de la Bible faites par des psychanalystes

 

Lecture insistante de quelques passages de la Bible faite par des psychanalystes et qui ont pu donner lieu à des réinterprétations.

   

Jean Bollack  né en 1923 à Strasbourg, a fait ses études aux Universités de Bâle et de Paris. Il a enseigné comme professeur de littérature grecque à Lille, où il a créé en 1967 un « Centre de recherches philologiques » y développant les principes d’une herméneutique critique, appliquée d’abord aux Présocratiques, puis surtout à Epicure et aux Tragiques.  « Empédocle 1 : introduction à l'ancienne physique », Paris, Minuit, coll. « Le sens commun », 1965. « Empédocle 2 » : «Les Origines», Édition et traduction des fragments et des témoignages, Paris, Minuit, coll. « Le sens commun », 1969. « Empédocle 3 » : «Les Origines», Commentaire, Paris, Minuit, coll. « Le sens commun », 1969. « Héraclite ou la séparation », en collaboration avec Heinz Wismann, Paris, Minuit, coll. « Le sens commun », 1972. « La Grèce de personne : les mots sous le mythe », Paris, Seuil, coll. « L'ordre philosophique », 1997. « Euripide, Iphigénie à Aulis », trad. en coll. avec Mayotte Bollack, Paris, Minuit, 1990. « Pierre de cœur », (Un poème inédit de Paul Celan), Pierre Fanlac Editeur, 1991. « Euripide, Andromaque », trad. en coll. avec Mayotte Bollack, Paris, Minuit, 1994. « La naissance d'Œdipe », (traduction et commentaires d'Oedipe roi), Gallimard, 1995. « Euripide, Hélène », trad. en coll. avec Mayotte Bollack, Paris, Minuit, 1997. « Sophocle, Antigone », trad. en coll. avec Mayotte Bollack, Paris, Minuit, 1999. « Poésie contre poésie » (Celan et la littérature), Puf, « Perspectives germaniques », 2001. « Euripide, Les Bacchantes », trad. en coll. avec Mayotte Bollack, Paris, Minuit, 2004. « Dionysos et la tragédie », Bayard, 2005. « Electre » de Sophocle trad. en coll. avec Mayotte Bollack, Paris, Minuit, 2007.

   

Lucile Charliac

 

    Lenz selon Büchner

 

Récit fragmentaire étayé sur le document établi par un témoin direct, le Lenz de Büchner restitue trois semaines de la vie de l’écrivain Lenz, en proie à une crise profonde consécutive au déclenchement de sa psychose. L’écriture poétique se fait ici créatrice d’un double fictionnel vivant et convaincant du sujet historique qui lui sert de modèle. Elle s’avère une voie d’accès à la folie de l’autre, non sans interroger quant à l’usage de la lettre et aux nouages dont elle procède.

   

Lucile Charliac, archéologue et linguiste de formation, est psychanalyste à Paris. Rédactrice adjointe de Savoirs et clinique. Revue de psychanalyse où elle a publié plusieurs articles dont « Le fusil de chasse de Yasushi Inoué… » (N°5), « Une enfant qui joue trop bien le jeu » (N° 11). Enseignante à « Savoirs et clinique », membre du C.P.-A.l.e.p.h.

   

Marcus Coelen

 

    « Tmêsis » – Syntaxe, Séparation, Solitude

 

« Jeder Satz ein Sprung ». À partir de cet intraduisible – une phrase allemande, ou presque – je me propose de réfléchir dans mon intervention, sur les rapports entre la « grammaire en tant qu’elle fait scie au sens » (Lacan, « Peut-être à Vincennes »), l’affirmation blanchotienne d’une « solitude essentielle », liée à l’écriture et l’exigence de séparation en psychanalyse. Sera centrale la « figure » – si elle en est une – de la tmèse : coupure et déplacement de ce qui ne « vit » que difficilement sans attachement à son mot, mais qui fait d’autant mieux éclat dans ses exemples homériques, kleistiens et d’autres.

   

Marcus Coelen est  Professeur assistant aux départements des Lettres romanes et de Littérature générale et comparée de la Ludwig-Maximilans-Universität, Munich et psychanalyste ; a traduit de Maurice Blanchot les Ecrits politiques. 1958-1993 (Berlin : Diaphanes, 2007) ainsi qu’édité et traduit un recueil de ses textes et fragments philosophiques (Das Neutrale. Berlin : Diaphanes, 2008) ; auteur d’un livre sur Proust (Die Tyrannei des Partikularen. Lektüren Prousts. Munich : Fink, 2007).

   

Franz Kaltenbeck

 

    David Foster Wallace au-delà du principe du plaisir

 

Avec son roman Infinite Jest (1996), David Foster Wallace (1962-2008) a été reconnu par ses pairs comme l’écrivain américain le plus important de son époque. Souffrant d’une psychose maniaco-dépressive, il s’est donné la mort en septembre 2008.

 

Jest peut se traduire par « plaisir », mais aussi par « plaisanterie », voire « raillerie ». En effet, DFW produit un humour particulier. À la recherche d’un nouveau langage littéraire que je me propose d’étudier, il met en lumière les impasses subjectives de ses personnages, engagés dans une course effrénée pour atteindre la jouissance via le sexe, la drogue, l’alcool, l’argent, - écrivant ainsi le cauchemar de son époque.

   

Franz Kaltenbeck, psychanalyste à Paris et à Lille, ainsi que dans le département médico-psychologique de la maison d'arrêt de Sequedin au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille. Rédacteur en chef de « Savoirs et clinique ». Revue de psychanalyse. Auteur de           « Reinhard Priessnitz. Der stille Rebell » (Literaturverlag Droschl, Graz, Wien, 2006). A dirigé avec, Peter Weibel : » Sigmund Freud Immer noch Unbehagen in der Kultur? », Actes du colloque pour les 150 ans de Freud, à Karlsruhe, 1-3 décembre 2006, Berlin, Diaphanes, 2009.

   

Michael Meyer zum Wischen

 

    Une écriture à dessein hors la loi : le dessin/destin des lettres et la maladie de la mort

 

Ce discours doit démontrer que « La Maladie de la Mort » de Marguerite Duras s'avère être une œuvre qui a pour sujet l'écriture même et la lecture. Le texte performe un processus d'écriture face à la circonstance que « l’homme et la femme sont irréconciliables » étant donné que cette incompatibilité tire son origine de l'altérité fondamentale du féminin. Le dessein de l'écrivaine Marguerite Duras était de risquer, dans le dessin de ses lettres, une ouverture de la loi vers le réel, vers un hors de la loi. Ainsi la lettre se lie avec une « altérité... relativement à l'ordre symbolique et phallique » (Geneviève Morel).

   

Michael Meyer zum Wischen, docteur en médecine, spécialiste en psychothérapie et maladies psychosomatiques, psychanalyste à Cologne, membre de l'Association pour la psychanalyse freudienne (AFP) et de la Société Freud-Lacan, association psychanalytique de Berlin, co-fondateur du collège psychanalytique en Allemagne, membre de l’A.l.e.p.h. et du C.p.-A.l.e.p.h. Publication d'articles, surtout sur la psychanalyse de la psychose, dans « Jahrbuch für Klinische Psychoanalyse » (annuaire de la psychanalyse clinique), dans la collection de livres « Psychoanalyse », édition « transcript », dans les « Arbeitsheften kinderpsychoanalyse » (cahiers de psychanalyse des enfants) et dans la revue « Texte ».

   

Régis Michel

 

    De l'analyse corporelle : un théâtre sans divan

 

Le corps de la modernité s'invente chez Grotowski, dans les années soixante, avec l'action physique, qui est contemporaine de l'actionnisme viennois. Le corps est le grand oublié de la psychanalyse, théâtre du divan où sévit le couple infernal du phallos et du logos. Mais à l'Est toujours du nouveau : l'analyse corporelle de la posthumanité ...

   

Régis Michel est conservateur en chef au musée du Louvre. Dernière exposition en date : L'œil-écran ou la nouvelle image. 100 vidéos pour repenser le monde, Casino-Luxembourg, 2007.

   

Geneviève Morel

 

    Emmanuel Bove : l’homme piégé

 

Dans Le piège (1945), Emmanuel Bove décrit un homme qui s’enferre progressivement dans ses propres pensées et ses démarches, comme en bute à une inexorable fatalité. Dans ce dernier roman, qui n’eut aucun succès à la Libération parce qu’on préférait alors une lecture plus héroïque de la Résistance, Bove a capté l’esprit ambigu de Vichy. Mais il l’avait anticipé, comme le montre sa production romanesque, prolixe entre 1928 et sa mort, en 1945 : ses personnages, qui se cherchent une place dans une société qui les rejette ou dont ils s’excluent, passent leur temps à échafauder des hypothèses vaines sur le pouvoir dont ils tentent de s’approcher, ce qui les amène à leur perte. J’essaierai de lire cet auteur à la fois fascinant et insaisissable, dont la biographie est à elle seule un roman, dans la perspective de l’articulation du surmoi au surmoi culturel (Kultur-überich), proposée par Freud en 1930 dans Le Malaise dans la civilisation.

   

Geneviève Morel, psychanalyste à Paris et à Lille, ancienne élève de l’ENS, docteur en psychologie clinique.  Ambiguïtés sexuelles. Sexuations et psychose, Anthropos Economica, 2000.  L'œuvre de Freud. L'invention de la psychanalyse, Bréal, 2006. A coordonné « Clinique du suicide », Erès, 2002. La loi de la mère : Essai sur le sinthome sexuel, Anthropos Economica, 2008. Enseignante à « Savoirs et clinique », présidente du C.P.-A.l.e.p.h.

     

Léon Vandermeersh

 

    De la divination à l'écriture : comment sont nés les caractères chinois

 

Comme dans beaucoup de cultures préhistoriques de l'Asie du Nord, dans celles du néolithique chinois était pratiquée la scapulomancie, divination par interprétation des craquelures produites par le feu sur les os plats (omoplates) d'animaux.  Cependant, dans la dernière phase du néolithique, en Chine cette technique a été portée a un très haut niveau de sophistication qui a abouti à la production quasi-expérimentale de craquelures stéréotypées en forme de *T* couché, ne comportant qu'un nombre limité de variantes. Comme à chacune de ces variantes a été attachée une signification manticologique déterminée, les craquelures scapulomantiques normalisées, devenues formellement des /signifiants/, ont pu être assimilées à des /mots graphiques/. L'idée d'extrapoler le principe de ces mots graphiques à la fabrication de signes graphiques composant une langue graphique divinatoire, élaborée par les devins pour annoter sur les pièces divinatoires elles mêmes (omoplates de bovidés et écailles de tortue) les divinations qui y avaient été effectuées, en vue de leur archivage « scientifique », pourrait bien avoir été à l'origine de l'invention des caractères chinois. Ceux-ci, en effet, n'apparaissent d'abord que comme des graphies avec lesquelles sont composées les épigraphes gravées en annotations le long des craquelures divinatoires, pour mémoire des données  de chaque divination. Cent cinquante mille fragments de pièces divinatoires inscrites de cette manière ont été découverts depuis 1899, date à partir de laquelle les recherches ont commencé.

   

Léon  Vandermeersch : passé de l'EFEO à l'université en 1966, L. Vandermeersch occupe, en études chinoises, des postes successifs de maître de conférences, de professeur, puis de directeur d'études à la Faculté des lettres d'Aix-en-Provence, où il crée l'enseignement du chinois (1966-1973), à l'université Paris-VII, où il dirige l'UER d'Asie orientale (1973-1979) et enfin à l'École pratique des hautes études, Ve section, où il enseigne l'histoire du confucianisme (jusqu'à sa retraite en 1993). C'est en détachement de ce dernier poste qu'il a en outre assuré la direction de la Maison franco-japonaise de Tôkyô en 1981-1984 et la direction de l'EFEO en 1989-1993. L. Vandermeersch a, par ailleurs, entre autres fonctions, appartenu au Comité national du CNRS de 1976 à 1982 et de 1989 à 1993, il est cofondateur avec W. Th. De Bary du Comité américano-européen pour la promotion des études orientales, et a présidé de 1987 à 1993 la section européenne de ce comité. L. Vandermeersch est chevalier de l'Ordre de la Légion d'Honneur et de l'Ordre des Palmes académiques, décoré de l'Étoile d'or et d'argent de l'Ordre du Trésor sacré du Japon, correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, lauréat du prix Stanislas Julien et du prix d'Aumale de cette Académie. Publications : 1960 « Les miroirs de bronze du musée de Hanoi », Paris, EFEO. 1965  « La formation du légisme. Recherche sur la constitution d'une philosophie politique caractéristique de la Chine ancienne », Paris, EFEO, [réimpr. 1987]. 1977-80. « Wangdao ou la Voie royale », 2 vol., Paris, EFEO. 1987, « Le nouveau monde sinisé », Paris, PUF, [rééd. Aix-en-Provence, 1997 ; trad. japonaise, vietnamienne et chinoise]. 1993, « Études sinologiques », Paris, PUF. 1965. « Les cultures d'Orient et d'Occident et leurs philosophies » auteur  Liang Shuming, préface  Léon Vandermeersch, traduction  Luo Shenyi,  Puf, 2000, Collection  Orientales. « Wangdao ou la voie royale », Librairie You Feng, 2009. « Le nouveau monde sinistré », Librairie You Feng, 2004. « Le ciel » Desclée De Brouwer, janvier 2010, Collection  Proches Lointains.

     

Monique Vanneufville

 

    Des lettres à l'ombre du père

 

Ce qui est dit de l'écriture et de la littérature dans l'échange de lettres entre Anna et Sigmund Freud (correspondance intégrale parue en 2006 chez Fischer) et entre Anna et Lou Andreas-Salomé.

 

Monique Vanneufville, germaniste de formation, docteur en linguistique, psychanalyste, rédactrice adjointe de « Savoirs et clinique. Revue de psychanalyse » où elle a publié des comptes rendus de lecture et de présentations cliniques.

     

Regula Schindler

 

    Lacan lecteur de Claudel : le martyre de la lettre chez Sygne de Coûfontaine

 

Lacan prend l’héroïne de la première pièce de la trilogie claudélienne « L’Otage » comme témoin d’une « surimposition de la marque du signifiant ». Ce que le signifiant impose au sujet se redouble d’une lettre tissée dans la chair: l’héroïne sera amenée « au plus profond du refus », au refus d’une dette symbolique au service de laquelle elle avait engagé toutes ses forces et lié toute sa vie.

 

Ceci s’annonce déjà dans le nom : la lettre y surplombe le i de Signe, et ébauche la croix qui, dans le dernier geste muet, « psychosomatique », se substituera à l’héroïne mourante.

 

Cette figure d’une femme aristocrate archi‐catholique qui, dans les errances postrévolutionnaires, va à sa déperdition, quel intérêt aurait-elle pour nous ? Les questions de la foi et de la dette perdue, et de ce qui s’y substitue, nous concernent toujours au plus vif de notre pratique : comment les poser ?

   

Regula Schindler, psychanalyste à Zurich, ex-présidente du Lacan Seminar Zurich, membre de l’ALI (Association Lacanienne Internationale) depuis 1990. Publications (dans le journal RISS, le Bulletin de l’ALI, et plusieurs livres) sur divers topoï du champ psychanalytique entre Freud et Lacan, et quelques traductions. Regula Schindler porte un intérêt particulier dans l’échange et la circulation entre le discours analytique et les autres formes du discours : littéraire, artistique, psychiatrique.

 
 
Dernière modification : 18/02/2010

Retour

Savoirs et clinique 2012
 
Clinique des addictions
 
 
Savoirs et clinique numero 12
Savoirs et clinique n°12
 
Clinique du suicide
 

Savoirs et Clinique

Chargement : 155 ms