
Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH
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![]() | Autour de Slavoj Zizek Psychanalyse, Marxisme, Idéalisme allemand Sous la direction de Raoul Moati Collection Actuel Marx Confrontation septembre 2010 |
Projection-Conférence du 13 octobre 2009 à 20h00 à la salle du Sénéchal dans le cadre du festival LA NOVELA et de l’exposition « Poupées à corps et à cris » à la chapelle des Carmélites de Toulouse.
LA POUPÉE COMME ACCESSOIRE DANS LA REPRÉSENTATION DE LA FOLIE AU CINÉMA
ARGUMENT
Familière et rassurante, issue du monde de l’enfance, la poupée est encore de nos jours perçue à travers sa fonction de renforcement du jeu des identifications corporelles, sexuées ou non. Rappelons à ce propos, l’usage thérapeutique dans les cures psychanalytiques d’enfants de la poupée-fleur de Françoise Dolto (1949), contemporain des développements pionniers de Jacques Lacan sur le stade du miroir.
Or, la plupart du temps, la poupée s’expose sous l’angle de l’inquiétante étrangeté dans le domaine de la créativité plastique, littéraire et cinématographique, contrastant avec ce premier usage normatif sur le plan éducatif et thérapeutique.
Que viennent donc nous enseigner ces artistes ? Montrent-ils la face cachée de l’objet laissé sur le rebord du sommeil de l’enfance ? Ou bien faut-il considérer comme Rilke un siècle plus tôt, que « le préalable de leur création serait, en quelque sorte, que le monde de l’enfance s’en est allé » ?
Presqu’un siècle déjà en effet, depuis que l’écrivain et poète Rainer Maria Rilke, dans un texte peu connu, témoignage précieux du travail artistique de Lotte Pritzel, interrogeait l’âme des poupées et l’ambiguïté pleine de mystère de leur présence dans le monde adulte de la création artistique. Insistant sur leur étrangeté évanescente, n’appartenant ni complètement au monde des objets, ni à celui des humains, il précédait d’à peine cinq ans, le texte fondateur de Sigmund Freud qui, dès 1919, publiait « L’inquiétante étrangeté » en se référant à la célèbre poupée Olympia du conte d’Hoffman, « L’homme au sable ».
Au cinéma, ce basculement vers l’ « Unheimliche » (pour reprendre le titre original de Freud que l’on traduit, guidé par l’usage, par « l’inquiétante étrangeté ») nous conduit parfois aux confins de la folie, posant à rebours la question de la norme que la poupée semblait pourtant renforcer positivement dans son utilisation ludique.
En ouvrant ses portes à l’enseignement inédit de ce décalage artistique, la psychanalyse peut-elle nous éclairer sur l’origine et la fonction de ce renversement ?
Nous illustrerons notre propos par la projection de quelques extraits et l’analyse des quatre films suivants :
1. Die Puppe
(La Poupée) de Ernst Lubitsch – 1919
2. The Devil doll (Les Poupées du diable) de Tod Browning – 1936
3. The Night of the hunter (La Nuit du chasseur) de Charles Laughton – 1955
4. Bubble
(Bubble) de Steven Soderbergh – 2005
Dr Éric LE TOULLEC