
Travail, aliénation et jouissance : de Marx à Lacan
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Le 28 avril à 20h30 à l’Uriopss 34 rue Patou à Lille.
Le cartel Travail et psychanalyse vous invite à une soirée d’introduction à l’œuvre de Marx, avec un prolongement autour des développements proposés par Lacan au concept de plus-value.
Le travail chez Marx
Par Richard Sobel
Le travail constitue la pierre angulaire de l'œuvre de Marx, laquelle articule une anthropologie générale, une socio-économie historique et une philosophie sociale du travail. Il s’agira lors de cette soirée d’expliciter cette articulation tout à fait originale. L'anthropologie dégage une définition unique et universelle du travail. Certes, seules nos sociétés modernes ont fait émerger et fonctionner la centralité du travail comme imaginaire social instituant ; mais, pour Marx, il ne saurait y avoir de société qui n'ait fait, d'une manière ou d'une autre, l'expérience du travail comme forme essentielle de la condition humaine. Si l'anthropologie du travail définit l'homme dans son essence, la socio-économie des modes de production - en particulier du mode de production capitaliste - montre que dans les sociétés historiques le travail a toujours été l'objet de multiples aliénations qui obèrent la vérité dont il est universellement porteur. Dès lors, seule une société émancipée de toutes les formes de domination qui pèsent sur le travail pourra permettre à tout un chacun de vivre pleinement la condition humaine de travailleur, c'est-à-dire pour Marx, d'être pleinement humain.
Richard Sobel est Maître de Conférences en économie à l’Université de Lille 1 (laboratoire Clersé) et Directeur-adjoint de la Revue Française de Socio-Economie
Travail et jouissance en psychanalyse
Par Sylvain Masschelier
En citant "l'Interprétation des Rêves" de Freud, Lacan rappelait que l'Inconscient est le travailleur idéal car il ne s'arrête jamais de travailler, en sorte que l'individu tenaillé par le plus-de-jouir auquel s'intéresse le psychanalyste trouvait dans la plus-value de Marx bien plus qu'une analogie, à savoir une économie de la jouissance homologue à celle rencontrée dans le discours du capitaliste...Il nous faudra dégager ce que le discours analytique ajoute au marxisme, soit un axiome de plus, pourrait-on dire, l'interprétation de l'exploitation de l'homme par l'homme, pour reprendre la formule, en termes de jouissance...
Sylvain Masschelier est Professeur agrégé de lettres modernes et membre du comité de rédaction de la Revue de paychanalyse "Savoirs et Clinique" (Erès).