A.L.E.P.H. & CP-ALEPH Association pour L'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et le Collège de Psychanalystes de l'ALEPH

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Les dernières actualités A.L.E.P.H et CP-ALEPH

Actualites


Bollack

Auteur(s) : COLLOQUE DE CERISY
Né en 1923, Jean Bollack est un des plus grands philologues de notre époque, également très connu pour ses travaux sur le théâtre, la psychanalyse et la philosophie grecque. Les textes rassemblés dans ce volume témoignent d’une rencontre entre des chercheurs d’horizons et de disciplines diverses. La raison de cette rencontre est d’abord celle d’une convergence de méthode : l’herméneutique critique (les œuvres sont à la fois sources de sens et parties prenantes de l’histoire intellectuelle qui les a produites) dont Jean Bollack et Heinz Wismann ont été les premiers à révéler la fécondité dans le domaine de la philosophie antique – présocratique, notamment. Si J. Bollack a pu tester cette méthode dans un domaine relativement circonscrit –Hésiode, Héraclite, Empédocle, les tragiques grecs, Épicure–, il importait d’étendre le champ de son application à des œuvres d’époques et de genres différents : littérature, poésie, textes sacrés, peinture, et d’asseoir sa validité dans une perspective plus théorique en la justifiant du point de vue des théories du langage, de l’interprétation et de la critique esthétique. Cet ouvrage offre aux lecteurs la possibilité de revisiter des textes souvent très connus (Genèse, Homère, Œdipe roi, Molière, Madame Bovary, Rimbaud, etc.) sous un angle qui en rénove la réception.

http://www.albin-michel.fr/La-Lecture-insistante-EAN=9782226208910


sexual ambiguity

Autour de Slavoj Zizek
Autour de Slavoj Zizek
Psychanalyse, Marxisme, Idéalisme allemand

Sous la direction de Raoul Moati
Collection Actuel Marx Confrontation
septembre 2010





Table des matières
Raoul Moati (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - Liminaire
Slavoj Žižek (Université de Ljubljana, Birkbeck College, University of London) - De Hegel à Marx et retour
Lorenzo Chiesa (University of Kent) - Christianisme ou communisme ? L’hégélianisme marxien et le marxisme hégélien de Žižek
Franck Fischbach (Université de Nice Sophia-Antipolis) – Substance et sujet
Jean-Michel Rabaté (University of Pennsylvania)- Parallaxe "Marx": du marxisme de Lacan au marxisme de Žižek
Slavoj Žižek (Université de Ljubljana, Birkbeck College, University of London) – Peut-on encore être hégélien aujourd’hui ?
Raoul Moati ( Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - « Appréhender et exprimer le Vrai, non comme substance, mais précisément aussi comme sujet », L’hégélianisme lacanien de S. Žižek
Geneviève Morel (Psychanalyste, Paris) – L’écran noir, Slavoj Žižek, le cinéma et l’idéologie
Franz Kaltenbeck (Psychanalyste, Paris) – La liberté de Žižek
Ronan de Calan (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)- Une défense de l’universalisme abstrait, Žižek, les révolutionnaires et la morale kantienne

AUTEURS 

Ronan de Calan  est maître de conférences à l'université Paris I et membre de l'IHPST (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques). Dernière parution: "Des empiriques aux empirismes. Expérience et méthode à l’âge classique". In : L. Perreau, L'expérience, Paris, Vrin, 2010, p. 11-39. À paraître: Généalogie de la sensation. Physique, physiologie et psychologie en Europe, de Fernel à Locke (1550-1670), Paris, Champion, 2010, 600 p.

Lorenzo Chiesa  est « Senior Lecturer in Critical Theory à l’University of Kent » à Canterbury, et «Visiting Research Fellow à l’Institute of Philosophy SRC SASA » à Ljubljana. Il est l’auteur de Subjectivity and Otherness: A Philosophical Reading of Lacan (MIT Press, 2007), Antonin Artaud. Verso un corpo senza organi (ombre corte, 2001), et l’éditeur (avec Alberto Toscano) de The Italian Difference: Between Biopolitics and NihilismThe Ticklish Subject (Le Sujet qui fâche). Il termine en ce moment la traduction en anglais du livre de Giorgio Agamben Il Regno e La Gloria: Homo Sacer, II, 2 (Stanford University Press, 2010), ainsi que la rédaction de deux projets de livres : For Lacan: Science, Logic, Politics (MIT Press, 2011); The Virtual Point of Freedom: Essays on Politics, Aesthetics, and Religion (Merve Verlag Berlin, 2011).
(re.press, 2009). Chiesa a édité et traduit en italien de nombreux textes de Slavoj Žižek, notamment 
Franck Fischbach, né en 1967, ancien élève de l’E.N.S. (Fontenay), est professeur de philosophie à l’université de Nice Sophia-Antipolis. Ses travaux portent sur l’idéalisme allemand, Marx et la tradition de la philosophie sociale. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’être et l’acte (Vrin, 2002), La production des hommes. Marx avec Spinoza (P.U.F., 2005), Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation (Vrin, 2009) et Manifeste pour une philosophie sociale (La Découverte, 2009).

Franz Kaltenbeck  , Psychanalyste à Paris et à Lille. Travaille aussi au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille, SMPR de la Maison d’arrêt de Lille, Service du Professeur Pierre Thomas. Il enseigne la théorie et la clinique de la psychanalyse à “Savoirs et clinique”, Paris et Lille. Rédacteur en chef de Savoirs et clinique. Revue de Psychanalyse. Publications récentes: Reinhard Priessnitz. Der stille Rebell. (Literaturverlag Droschl, 2006). Sigmund Freud. Immer noch Unbehagen in der Kultur?( Diaphanes, 2009). “Traits de Paul Celan dans Poésie contre Poésie de Jean Bollack” in La philologie au présent (Presses Universitaires du Septentrion, 2010).
Raoul Moati est agrégé de philosophie, ATER à l’Université de Paris I et membre de « Philosophies contemporaines ». Il est l’auteur de Derrida/Searle, Déconstruction et langage ordinaire (Paris, PUF, « Philosophies », 2009). Ses travaux se situent au croisement de la déconstruction (Derrida, Paul de Man), de la philosophie du langage ordinaire (Austin, Searle, Cavell) et de la psychanalyse (Freud, Lacan).

Geneviève Morel  , psychanalyste à Paris et à Lille, ancienne élève de l’ENS, agrégée de l’Université (mathématiques), docteur en psychologie clinique et psychopathologie. Auteur de : Ambiguïtés sexuelles. Sexuations et psychose, (Anthropos Economica, 2000), Clinique du suicideL'œuvre de Freud. L'invention de la psychanalyse, (Bréal, 2006) ; La loi de la mère. Essai sur le sinthome sexuel, (Anthropos Economica, 2008). Enseignante à « Savoirs et clinique » à Lille et à Paris, présidente du Collège de Psychanalystes d’A.l.e.p.h.

Jean-Michel Rabaté  est Vartan Gregorian Professor in the Humanities à l'University of Pennsylvania. C'est un des fondateurs et responsables de la Slought Foundation. Il est membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Il a publie plus de trente livres sur le modernisme, la psychanalyse, l'art contemporain et des auteurs tels que Beckett, Pound et Joyce. Ses ouvrages récents incluent Lacan Literario (2007), 1913: The cradle of modernismThe Ethic of the Lie (2008) et Etant donnes: 1) l'art, 2) le crime (2010).

Slavoj Žižek  est chercheur à l’Institut de sociologie de l’Université de Ljubljana, directeur de l’Institute for the Humanities of Birkbeck (University of London) et président de la Société de Psychanalyse Théorique de Ljubljana.


(sous la dir. de), Erès, 2002 (poche en 2010), (2007),   







 
 

Prochain(s) événement(s)

du 20/05/2011 au 31/07/2011DSK -Une tragédie du désir - Franz Kaltenbeck    

Une tragédie du désir

Ni le verdict pénal ni le jugement moral ne devraient avoir le dernier mot quand il s’agit de réfléchir sur  le sort d’un homme, surtout quand il a déjà prouvé qu’il était une exception à l’échelle du monde. Elucider ce destin n’exclut nullement qu’on pense aussi à la femme qui l’accuse. Si ses accusations s’avéraient fausses, si elle avait été utilisée à dessein par quelque officine obscure, elle serait encore une victime. Soyons clairs : jusqu’à son procès on ne dispose que d’indices et d’hypothèses sur une éventuelle culpabilité de DSK. Seul le débat contradictoire permettra d’approcher la vérité sur les faits. Et encore ! Aucun tribunal n’est à l’abri de l’erreur judiciaire.  Il convient donc de suspendre le jugement au moins jusqu’à la fin du procès. Mais cette suspension n’empêche pas de s’intéresser à la façon dont DSK a affronté les forces redoutables dans lesquelles il a été pris. Il a joué un jeu autrement plus sérieux en politique que ceux qui se contentent de semblants lénifiants face au réel, déconsidérant ainsi leurs propres fonctions politiques et poussant les gens tant à la désaffection pour la démocratie qu’à la surenchère extrémiste. On peut être très critique vis-à-vis des actions et des actes de DSK, mais on ne peut pas lui reprocher d’avoir triché vis-à-vis de ces trois forces que sont le sexe, le pouvoir et le capital.
Quant au capital, il lui a opposé une compétence certaine, sans se laisser fasciner par lui ni sous-estimer sa puissance. D’un courage et d’une intelligence rares, il ne s’est pas satisfait de la condamnation automatique du capital chère à l’extrême-gauche, mais a plutôt essayé de le dompter et de le canaliser dans le domaine qui était le sien au FMI. Renégociation de la dette des pays en difficulté ; appel aux pays riches, comme l’Allemagne,  à modérer leurs exigences de rigueur – c’était le but du voyage à Berlin de ce  dimanche qui n’a pas pu avoir lieu ; refus de la démagogie qui réclame l’annulation de la dette sans aucune contrepartie et aurait poussé par contrecoup les gouvernements inspirés par Wall Street à l’étranglement pur et simple des pays endettés.
En ce qui concerne la relation de DSK au pouvoir on peut dire qu’à la différence de maint dirigeant, il ne s’en est pas enivré. Son but n’était pas d’atteindre la présidence française comme couronnement de sa carrière politique. Il aurait plutôt voulu rendre le pouvoir à son camp qui en est depuis si longtemps frustré. Comme au FMI, il était réaliste et pragmatique dans sa démarche. Sachant la prise de pouvoir à sa portée, il n’était pas un fanatique du grand soir ni des lendemains qui chantent. D’où sa décontraction, qu’on ne lui pardonnait pas avant de se mettre à parler de sa « légèreté de l’être ». DSK a opposé l’histoire qu’il était en train de faire aux mythes du pouvoir, mythes qui servent si souvent à l’édulcoration anesthésiante de celui-ci.
Le sexe enfin. Il en faisait  sa passion et sans doute un symptôme. Sans la moindre complaisance pour son comportement on doit toutefois corriger le diagnostic rapide d’une supposée « légèreté ». Ne l’avait-on pas reconnu depuis longtemps comme un « dragueur lourd » ? Il a en tout cas pris au sérieux cette puissance de notre existence, qui est liée à la mort. Les autorités de la prison de Ryker’s Island n’ont pas éludé ce lien, en lui imposant une protection contre toute impulsion suicidaire. Freud disait de l’automatisme de répétition où évolue la pulsion de mort qu’il était démoniaque. C’est dans le domaine du sexe que DSK a dérapé.  Ce n’est pas un violeur mais il a quelques difficultés à interpréter le désir de l’Autre, en l’occasion celui d’une femme. Il n’est pas le seul homme qui pâtit de ce problème. Quel garçon, quel homme n’a pas un jour subi une défaite cuisante parce qu’il a pris ses vœux pour la réalité et souhaité toucher une fille qui ne voulait pas de lui ? La plupart des hommes, bons névrosés bien inhibés, se ravisent avant le passage à l’acte ; d’autres deviennent trop timides, chargés de toutes les conséquences pathologiques que peut entraîner ce style de renoncement (Freud n’a-t-il pas critiqué les usages civilisés sur ce point dès 1908 ?). Pas DSK. Il ne se laisse pas intimider, le refus ne le fait pas céder sur son désir (désir qu’il interprète trop vite comme un appel de l’autre). Voilà sa tragédie. C’est là que ses facilités et sa brillance dans l’échange avec l’autre lui tendent un piège terrible : il ne comprend pas qu’une femme puisse lui résister, surtout quand le ‘non’ de celle-ci, tardant à être prononcé, lui revient inversé comme un ‘oui’.
Le capital et le pouvoir politique sont des puissances qu’un génie communicatif peut juguler. Pour le sexe, c’est une autre paire de manches. C’est pourquoi tant de gens concluent aujourd’hui des compromis cyniques et bon marchés avec Eros : la pornographie, le discours politiquement correct au nom de la femme et la satisfaction collective grâce au malheur d’un homme, leur prochain, qui les dépasse. Parions que DSK surmontera cette épreuve, la plus lourde dans laquelle il se soit jamais trouvé. Il nous rendra alors à nouveau un grand service.

Franz Kaltenbeck, psychanalyste, 20 mai 2011


 
Dernière modification : 21/06/2011

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